[nextpage title= »Introduction »]Lorsqu’on réalise des tests boîtiers sous l’angle modding, impossible de ne pas parler de Thermaltake. Depuis de nombreuses années, leurs châssis se veulent adaptés au watercooling custom. La marque l’encourage et organise régulièrement des compétitions, dont le fameux Casemod invitational. Bien sûr, on peut assembler une configuration tout à fait classique dans ce Thermaltake View 600 TG mais… nous allons le pousser un peu plus loin !
Thermaltake View 600 TG : rencontre avec un géant
Il est tout simplement immense. Châssis E-ATX de la catégorie « grande tour », le View 600 TG affiche des dimensions de 569 x 249 x 584 mm. Bien sûr, on a vu plus grand. Mais le rapport hauteur/largeur donne une impression de verticalité presque absurde. La chambre principale intégralement vitrée (vitre en quatre parties séparées) semble terriblement haute. Même la chambre alimentation parait démesurée.
Le langage visuel général est dans la continuité de ce que propose Thermaltake depuis deux ans. Notre édition Mint Strawberry met à l’honneur les nouveaux schémas de couleurs de la marque. On aime ou on déteste, mais on ne reste pas indifférent. De multiples surfaces grillagées couvrent la chambre PSU et l’arrière du boîtier, toutes munies de filtres à poussière. Idem sous le châssis. Côté matériaux, on alterne entre acier et plastique. L’ensemble est de très bonne facture même si on peut observer un léger ploiement en partie haute lorsque les vitres sont retirées et qu’une charge est appliquée (la hauteur n’y est pas pour rien).
Retrait des panneaux
On alterne entre différents systèmes de fixation. Certains panneaux sont fixés par des clips, d’autres par des vis à main, d’autres encore par des vis cruciformes standards. Le maintien des quatre vitres est également différent de l’une à l’autre. Rien de compliqué cependant et le géant est prêt à l’emploi en quelques minutes. On connait la fragilité du système de clips. L’ajout de petites vis complémentaires pour le soutien des grosses pièces (vitre principale par exemple) est rassurant. Bonne nouvelle ou aveux de faiblesse : le bundle contient des clips de rechange. À ce sujet, le kit accessoires est très complet : une multitude de vis en tous genres (y compris vis pour ventilateurs et radiateurs), standoffs, pièces de rechange (clips, passe-câbles caoutchouc, etc.), support anti-sag GPU, velcro pour cable management. Rien ne manque.
La chambre arrière est suffisamment large pour permettre une gestion aisée des câbles. La chambre PSU est grande, à l’image du reste, et accueille aussi les cages HDD.
Après ce premier tour du Thermaltake View 600 TG, on est en face d’un boîtier un peu effrayant. Par ses dimensions, mais aussi par la multitude d’options offertes, presque trop ? Entrons dans le détail.
[nextpage title= »Support Hardware »]
Thermaltake View 600 TG : support hardware
On espère sincèrement ne rencontrer aucune limite en terme d’intégration. Il faudra cependant composer avec quelques contraintes !
Carte mère
La page produit affiche la couleur puisque le View 600 TG se définit comme un « boîtier grande tour E-ATX ». Toutes les dimensions sont donc bienvenues et les standoffs fournis pour les cartes ITX, M-ATX, ATX et E-ATX.
Excellente nouvelle, les cartes mères à connecteurs inversés aux formats M-ATX et ATX sont supportées.
Support ventilateurs : la démesure
Côté, haut, arrière, mais aussi sur le cache alimentation : on peut installer jusqu’à dix ventilateurs en 120 ou 140 mm. L’airflow devrait être satisfaisant…
Support radiateurs
Parlons watercooling custom ! Car, on l’a dit, ce châssis force à considérer cette option. L’ensemble des remarques ci-dessous s’applique cependant aux AIO de mêmes dimensions.
Le fabricant liste trois emplacements radiateurs : haut, arrière et côté avec les compatibilités suivantes :
- Arrière : 120 ou 140 mm
- Haut : 120, 240, 360, 140, 280 ou 420 mm
- Côté : 120, 240, 360, 140, 280 ou 420 mm
Attention, pour l’emplacement latéral, l’ensemble radiateur + ventilateurs ne devra pas dépasser 60 mm sous peine de heurter le cache alimentation (sauf si on se limite à 120 ou 240 mm en longueur). Seconde contrainte pour cet emplacement : la largeur du radiateur. En effet, celui-ci vient se placer sur un rail amovible légèrement creusé. Pratique pour le montage, il interdit en revanche la mise en place de nombreux radiateurs 420 mm (ou 140, 280). Ceux de la marque Thermaltake s’installent à la perfection (heureusement) mais, par exemple, notre HardwareLabs 420GTS dépasse franchement.
Mais ce n’est pas tout ! Bien que non listé formellement sur la fiche produit, rien n’interdit pourtant d’utiliser le support ventilateurs du cache alimentation pour fixer un radiateur (pas un AIO !). De 120 à 420 mm, tout est possible. D’autant que la hauteur du boîtier le permet aisément. On verra plus loin que nous avons utilisé cet espace.
On termine en signalant que l’ensemble des supports radiateurs et ventilateurs sont amovibles et rendent le montage aisé.
Refroidissement CPU
Si d’aventure, l’utilisateur décide de se lancer dans un View 600 TG aircooling, il bénéficiera d’un dégagement de 175 mm en hauteur, suffisant pour les 168 mm du Noctua NH-D15 G2 ou tout autre monstre du domaine.
Carte graphique
480 mm en longueur, 8 slots… peut-on encore parler de « limites ». Toutes les cartes graphiques du marché sont compatibles. Feature fréquente chez Thermaltake et retrouvée ici avec plaisir : les slots PCIe sont orientables à 90° en quelques instants pour autoriser l’installation verticale du GPU (riser non fourni). Si le GPU reste à l’horizontale, un support réglable anti-sag est fourni.
Les chambres arrière
Suffisamment large pour permettre la gestion des câbles sans la moindre difficulté, la chambre arrière est aussi munie de multiples points d’ancrage pour le cable management. Les SSD 2,5″ et HDD sont répartis entre la chambre arrière et la chambre alimentation (total de quatre au maximum).
Côté chambre alimentation, pas de réelle limite, car elle s’étend de façon ininterrompue sur toute la longueur du châssis. De quoi installer quelques surprises si on se passe des cages HDD (voir page suivante).
En face avant de cette même chambre, la marque propose en option un kit écran LCD.
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La configuration : beaucoup de radiateurs
Nous sommes partis d’un constat simple. Le facteur de forme du Thermaltake View 600 TG joue sur la hauteur. Il y a de la place. Presque trop ? Nous décidons de l’utiliser tout en jouant avec la seconde caractéristique des boîtiers actuels de la marque : les couleurs. Comme un rappel amusant de notre configuration ITX dans le Tower 250 Mint Strawberry, nous reprenons le même mélange de tons en version XXL. CPU et GPU seront sous eau, ainsi que les étages d’alimentation (VRM) de la carte mère.
La carte mère : on a dit watercooling
Série bien connue quand il s’agit de watercooling custom, les ASUS ROG MAXIMUS Formula sont des cartes d’exception. Elles sont ici représentées par la pire itération à ce jour : le modèle Z690. Victime à sa sortie de graves problèmes de corrosion, il a beaucoup fait parler de lui (et pas en bien). Nous avons la chance d’avoir sous la main un modèle non atteint par cet inadmissible défaut de conception. Et c’est une excellente carte en l’occurrence ! Bien que dispensable, le refroidissement liquide des VRM est un gage de longévité et une occasion supplémentaire de s’amuser quand on aime le custom. Précisons que la version Z790 n’était pas atteinte et propose peu ou prou le même support hardware.
La RAM ne sera pas mise sous eau, car nous avons la chance d’intégrer 32Go de ToughRAM RGB au projet. Thermaltake tient ici un design absolument superbe qui force le respect.
Le processeur
Ce n’est pas le modèle le plus haut de gamme de sa génération, mais il est très polyvalent et supporte fort bien l’overclocking : nous installons un Intel Core i7-12700KF. Douze cœurs et vingt threads, un très bon modèle de 12ᵉ génération, non soumis aux difficultés rencontrées par ses successeurs de 13 et 14ᵉ générations.
Waterblock CPU
Direction l’Australie avec un block de la marque Singularity Computers : le Plasma 2. Il existe plusieurs versions de ce même block. Celle d’aujourd’hui a la particularité de s’installer directement sur les fixations de l’ILM, qui doit donc être retiré. Nous ne conseillons pas cette manipulation si vous souhaitez le réinstaller peu après. En effet, le serrage à la remise en place doit se faire au couple (environ 1,4Nm). Sur-serrage et sous-serrage engendrent tous deux des problèmes.
C’est un excellent waterblock aux performances parmi les meilleures du marché. Son successeur, le Plasma 3 est déjà en chemin et sera prochainement testé à la rédaction.
La carte graphique : une rareté
Quel plaisir de la remettre en avant pour la deuxième fois cette année ! Petite pépite peu répandue, nous parlons de l’AMD RX 6900 XT LC Reference. Cette carte adopte un design Reference AMD, mais est refroidie d’origine par un AIO Cooler Master. Ses performances très supérieures aux autres RX 6900 XT la place fréquemment face à la RX 6950 XT. Notre refroidissement d’origine méritait un changement des pads et de la pâte thermique… nous avons installé un nouveau waterblock Alphacool à la place ! Pas d’inquiétude, l’AIO d’origine est intact et précieusement rangé dans sa boîte.
L’alimentation : Thermaltake
Une évidence pour ce build aux couleurs de Thermaltake, l’alimentation 1000 W est issue de leur gamme Toughpower GT, ici en version blanche Snow.
Radiateurs et ventilation : Monsta
Le Thermaltake View 600 TG peut supporter dix ventilateurs. Nous installerons donc dix ventilateurs Thermaltake Swafan ARGB ! Ils sont livrés avec un bundle ultra-complet qui inclut, entre autres, les pâles normales et reverse interchangeables sans outil. À noter que les performances sont légèrement moins bonnes avec les pâles inversées (débit et pression statique).
Côté radiateur, nous nous tournons vers Alphacool et son terrible Monsta. Avec ses absurdes 86 mm d’épaisseur, ce radiateur hors normes occupera à merveille l’espace disponible dans la chambre principale du boîtier. Nous le complétons, toujours chez Alphacool, d’un Nexxxos ST30 et d’un dual flow 360 mm. Bien plus de surface que nécessaire pour nos composants. Mais il va falloir assurer un débit suffisant !
Réservoirs et pompes
Nous signalions l’espace disponible dans la chambre PSU. Utilisons-le. Pour assurer la circulation du liquide de refroidissement, nous choisissons un combo réservoir-pompe DDC Alphacool suivi d’une seconde pompe de la même marque (VPP Apex). Ils prendront place en partie basse du châssis.
Tentons maintenant d’assembler le tout.
[nextpage title= »Le montage »]
Thermaltake View 600 TG : l’expérience de montage
Il y a de la place, mais nous avons chargé la configuration et le watercooling à l’extrême. Que vaut l’expérience de montage dans ce grand boîtier ?
Préparation de la carte mère
On installe précautionneusement notre Intel Core i7-12700KF sur son socket puis on fixe le waterblock Singularity Computers Plasma 2 directement sur les vis de l’ILM. C’est aussi l’occasion d’installer nos quatre barbed fittings sur le CPU et les VRM. Tout droit sortis d’une époque pas si lointaine (et encore utilisés fréquemment en milieu professionnel), ces fittings ne nécessitent pas de couronne de serrage.
Nous terminons la préparation de la carte par l’ajout d’un SSD M.2 et de nos superbes barrettes de RAM Thermaltake ToughRAM.
Préparation et installation des radiateurs
Tout d’abord, nous fixons les ventilateurs daisy chainables sur les radiateurs ainsi que les fittings. Nous nous assurons d’installer les bonnes pâles pour chaque groupe de ventilateurs. Les ventilateurs bas et latéraux seront en admission, les autres en extraction. L’air le plus frais bénéficiera donc au Monsta. Un seul câble magnétique par groupe de ventilateurs. Nul besoin de HUB vu le nombre de prises disponibles sur notre carte mère.
La fixation des radiateurs dans le boîtier est un jeu d’enfant grâce aux rails amovibles. Même le support cache alimentation peut être retiré via deux vis. Nous le reposons d’ailleurs sans le visser. On comprendra pourquoi par la suite.
Vu l’épaisseur et l’encombrement du Monsta, il est bon de s’assurer que tous les câbles en bas de carte mère sont raccordés.
Installation des pompes
Il n’y a pas de support ou perçage dédié à nos pompes dans la chambre alimentation. Nous préparons donc la perceuse, mais découvrons que le maillage de la grille en bas du châssis s’aligne parfaitement avec les vis du support Alphacool. Inutile de percer. Le retrait de tous les panneaux latéraux facilite l’installation, mais nous sommes tout de même face à l’étape la plus contraignante du build. On s’abîme un peu les mains sur les arêtes franches des panneaux. Le résultat est satisfaisant et parfaitement stable.
Des tubes, beaucoup de tubes
Une démesure de tubes. Il nous faut en effet raccorder entre eux :
- 4 radiateurs (le dual flow contient 2 radiateurs)
- Waterblock CPU
- Waterblock GPU
- Waterblock VRM
- Combo réservoir-pompe DDC
- Pompe VPP Apex
Heureusement, l’immense espace offert par le boîtier rend le tout plutôt facile. Seuls les raccordements dans les chambres basse et arrière (oui, nous installons aussi des tubes parmi les câbles) sont un peu pénibles.
Un test d’étanchéité concluant plus tard, on passe au remplissage. Et ça va être long.
[nextpage title= »Verdict »]
Thermaltake View 600 TG : à l’usage
Le circuit est monté et étanche, mais avant de passer aux tests… il va falloir le remplir.
Avant les tests
Nous sommes ici face à un scénario peu favorable. En effet, le volume total du circuit est énorme tandis que le réservoir dont nous disposons est minuscule et peu accessible. Il faut donc s’armer de patience, décaler le Monsta et l’ensemble du cache alimentation (voilà pourquoi nous ne l’avions pas fixé) puis enchaîner les remplissages de réservoir et arrêt/marche des pompes jusqu’au plein complet. L’ajout de raccords quick disconnect aurait pu être envisagé afin de bénéficier d’un système de remplissage externe.
Quelques tests enfin
Nous n’avons pas vraiment de doute. La capacité d’accueil watercooling du boîtier est telle qu’il est presque impossible de le prendre en défaut.
Nous réalisons cependant les tests habituels : OCCT, Cinebench, benchmarks 3D mark (port royal, time spy, extreme) et Uningine Valley. Peu représentatifs d’un usage réel, ces derniers nous permettent cependant d’établir un comparatif fiable avec d’autres configurations customs.
Les deux pompes sont fixées à 60%. Les ventilateurs suivent une courbe de ventilation standard.
Sans surprise, les températures sont basses voir très basses. Après deux heures sous Valley, notre GPU plafonne très exactement à 30°C. OCCT parvient à pousser le CPU jusqu’à 64°C. Time Spy Extreme amène le CPU en pic à 54°C et le GPU à 49°C. Les tests cumulés CPU/GPU ne permettent jamais de dépasser ces valeurs. La grande capacité de refroidissement cumulée à l‘inertie thermique du circuit (du fait du volume de liquide) font que nos composants peuvent subir n’importe quel scénario d’usage sans transpirer.
En pratique
Passé les benchmarks, que vaut ce boîtier au quotidien ? Sur le bureau, il en impose ! Mais son encombrement n’est, étonnamment, pas si important. Très haut et long, il est en revanche peu large (249 mm). On s’en accommode bien. La très grande surface vitrée (non teintée) permet d’admirer les composants, le watercooling et le RGB d’excellente facture des ventilateurs et de la RAM (piloté par le logiciel de la marque). Le coloris Mint Strawberry donne définitivement le sourire et attire généralement des remarques enthousiastes de la part des visiteurs.
Côté bruit, on est dans la moyenne. Peu d’efforts sont faits pour isoler le boîtier (priorité aux vitres) mais les ventilateurs Thermaltake Swafan sont particulièrement discrets. Les pompes bénéficient des supports caoutchoucs fournis par Alphacool. On entend la DDC mais rien de dérangeant. Il est possible de réduire encore sa vitesse au besoin (au vu des performances thermiques décrites plus haut).
Tous les filtres à poussière sont facilement accessibles pour l’entretien.
En jeu, les composants restent terriblement frais. Le GPU a le bon goût d’être quasiment dénué de tout coil whine. Un vrai bonheur pourvu qu’on apprécie la présence du monstre à nos côtés. Par ailleurs, on est toujours fans de ses couleurs hors du commun.
Assez rapidement, on se prend à imaginer d’autres configurations possibles, d’autres interprétations. Les possibilités sont nombreuses ! Dès lors, la graine est plantée et le View 600 nous rappelle ce qu’on aime tant chez Thermaltake : l’appel à la créativité de l’utilisateur.
Conclusion
La première consiste à assembler une configuration classique. Dans ce cas, l’absence totale de limitation dans le choix des composants et la facilité d’accès garantissent une expérience plaisante.
La seconde option consiste à tenter de tirer parti des options watercooling et modding du boîtier. C’est là qu’il se révèle d’après nous. Comme beaucoup de boîtiers Thermaltake, il refuse la banalité et force presque l’utilisateur à exprimer sa créativité.
Il faut alors lui donner du temps, apprécier l’expérience de montage autant (voir plus) que le produit fini. En cela, il refuse la récompense immédiate, mais propose une satisfaction différée bien plus valorisante. C’est un parti pris qui ne fera pas consensus et… tant mieux !
Le Thermaltake View 600 TG est disponible au prix de 185 €.


