La ASUS ROG Ally X une révolution ?
Aujourd’hui, nous vous présentons la nouvelle ROG Ally X, remplaçante de la ROG Ally. Que propose cette évolution face à une concurrence de plus en plus nombreuse et agressive ?
Certes, la Steam Deck a lancé la tendance des consoles portables, mais ASUS avec l’Ally X, MSI avec la Claw, ou encore Lenovo avec la Legion Go, viennent enrichir le marché avec leurs propres propositions de consoles portables sous Windows. Chacun apporte ses innovations, mais ASUS consolide son premier modèle avec des améliorations en matière d’ergonomie, de batterie et de performances.
Avec une meilleure optimisation et des fonctionnalités repensées, la ROG Ally X entend bien s’imposer comme la référence face à cette compétition féroce.
Dans cet article, je vais évidemment vous parler des performances en jeu et des évolutions de cette deuxième version, mais pas seulement. Avec Windows embarqué et une puce performante, cette console peut être un véritable adversaire des « PC portables gaming ».
Tableau des différences entre le ROG Ally et le ROG Ally X :
| Rog Ally | Rog Ally X |
| Processeur : | AMD Ryzen Z1 Extreme | AMD Ryzen Z1 Extreme |
| Ram : | 16 Go LPDDR5-6400 | 24 Go LPDDR5X-7500 |
| Stockage : | 512 Go PCIe 4.0 NVMe (2230) | 1 To PCIe 4.0 NVMe (2280) |
| Batterie : | 40 Wh | 80 Wh |
| Écran : | 7 pouces, 1080p, 120 Hz, 500 nits | 7 pouces, 1080p, 120 Hz, 500 nits |
| Couleur châssis: | Blanc | Noir |
| I/O (connectivité) : |
|
|
| Joysticks : | 2 millions de cycles | 5 millions de cycles |
| Vitesse de charge maximale : | 65 Watt | 100 W (chargeur 65 W inclus) |
| Prix | 499 euros | 849 euros |
[nextpage title= »Les changements « ]
Avant de parler des changements, je voudrais aborder ce qui ne change pas.
Les acquis :
Écran :
La Ally X conserve son écran IPS 1080p de 7 pouces en 120 Hz tactile. C’est un bon écran qui est largement suffisant en résolution pour sa taille. Souvent, les marques font le choix d’augmenter la résolution, comme Lenovo avec sa Legion Go qui utilise un écran IPS de 2560×1600. C’est certes joli sur le papier, mais cela n’a aucun intérêt en gain visuel sur cette taille d’écran et cela va impacter lourdement la consommation de batterie. Le choix de conserver cet écran pour Asus est donc, selon moi, judicieux dans ce sens, même si j’aurais souhaité un écran OLED sur cette deuxième mouture.
La puce :
Passons maintenant au processeur. Pour faire simple, en ce qui concerne les APU de ce type pour les consoles portables, AMD ne propose actuellement que la puce Z1 Extreme, puisqu’il n’y a pas d’annonce ou de nouveau modèle sur le marché pour AMD. Quant à la proposition d’Intel en matière de puces, elle est décevante et moins performante que celle d’AMD. Il était donc logique qu’Asus reste sur le choix de la Z1 Extreme pour cette deuxième génération de console.
Les modifications :
La batterie :
On va mettre les pieds dans le plat. Le gros souci de la première génération de ROG Ally était la batterie de 40Wh qui proposait une batterie trop faible pour être viable pour une console portable.
Asus, ayant écouté les retours de la communauté, est passé d’une batterie de 40Wh à 80Wh, ce qui change la donne en termes de durée de vie de la batterie lors d’une utilisation gaming. Évidemment, suivant le mode utilisé pour exploiter la console, la consommation varie. Par contre, il faut noter que l’augmentation de la batterie fait passer le poids de 608g à 678g. Mais ce gain de poids reste acceptable vis-à-vis de la concurrence.
J’ai réussi à obtenir une ROG Ally pendant 2 jours pour comparer avec la ROG Ally X. Ce que je peux noter, c’est qu’en mode turbo (mode 25 watt) en jeu en moyenne, la Ally arrive à court de batterie en 1h15-1h30 environ alors que la Ally X arrive vers les 2h30 d’autonomie. Et en mode performance (mode 17 watt) la Ally de base est vers les 2h15 alors que la Ally X touche du doigt les 5 heures.
Mais sur certains jeux gourmands comme Cyberpunk par exemple, la Ally de base tient moins d’une heure alors que la Ally X tient un peu plus de 2 heures.
Le gain de batterie en jeu est clairement massif dans la plupart des scénarios. Et cela change la donne dans ce pour quoi elle est destinée : une utilisation portable.
La prise en main :
Pour faire simple, la prise en main de la Ally X a été véritablement repensée. On passe de poignées anguleuses à des formes plus arrondies avec un revêtement texturé, se rapprochant quasiment d’une manette de Xbox. On retrouve le vrai plaisir d’avoir une manette en main, et je pense que c’était nécessaire pour améliorer l’ergonomie utilisateur.
Les touches macros, quant à elles, ont été réduites en taille et déplacées pour un meilleur positionnement et une prise en main optimisée. Les gâchettes ont également été rafraîchies, tout comme les boutons A, B, Y, X, qui offrent maintenant un son plus présent et un meilleur feeling. Les joysticks, de leur côté, sont plus fermes avec un meilleur ressenti, et leur durée de vie a été doublée.
Le D-Pad (Croix directionnelle) est agrandie avec un meilleur touché ce qui la rend plus confortable que sur l’ancienne version.
Le stockage :
La Ally X passe à 1 To par rapport à l’ancien modèle, pour être plus en corrélation avec les nouvelles sorties de jeux toujours plus lourds en stockage. Mais l’un des problèmes sur la Ally de première génération était le format NVMe en 2230 non standard, ce qui rendait plus difficile le changement de stockage. Cela a été modifié puisqu’on passe à un format en 2280 qui, lui, est standard et utilisé par pratiquement tous les NVMe du marché.
La mémoire :
La ROG Ally standard est équipée de 16 Go de mémoire vive LPDDR5 fonctionnant à 6400 MT/s. La ROG Ally X, quant à elle, bénéficie d’une augmentation de mémoire avec 24 Go de RAM LPDDR5X cadencée à 7500 MT/s. Cette augmentation est utile pour améliorer la quantité de VRAM disponible pour la partie graphique, rendant la console plus « future-proof . Pour rappel, un APU partage sa mémoire graphique avec la RAM, ce qui signifie, par exemple, que vous pouvez avoir 16 Go de RAM avec 8 Go alloués à la VRAM. De plus, l’augmentation de la fréquence de la RAM offre un léger gain de performance supplémentaire.
Refroidissement :
Changement aussi sur la partie refroidissement qui, d’après Asus, réduit les températures de la console avec un meilleur airflow et éviterait une chauffe au niveau de l’écran. Je n’ai pas vu de différence par rapport à l’ancien modèle. La Ally X est silencieuse et je n’ai ressenti aucune chauffe sur la console ou par la ventilation.
Autres :
Il est désormais possible de changer les joysticks sur cette nouvelle version. Pour certains, ce n’est peut-être pas important, mais pour d’autres, c’est essentiel d’avoir une possibilité de réparation facile. En effet, sur l’ancien modèle, il fallait démonter quasiment toute la console et retirer la carte mère. Ce problème est résolu : il vous suffit simplement de retirer le cache arrière pour accéder directement aux joysticks et les remplacer.
[nextpage title= »Armory Crate et Windows »]
Passons maintenant au logiciel embarqué de cette ROG Ally X. Sans grande surprise, elle fonctionne sous Windows 11. Ce qui retient davantage l’attention, c’est son logiciel maison, Armory Crate. Bien connu des utilisateurs de PC de bureau, il a été ici parfaitement adapté à la console.
Armoury Crate :
J’ai trouvé Armory Crate plutôt bien conçu. Ce logiciel offre un contrôle total sur la console, que ce soit pour le mapping des touches, la gestion des modes de consommation ou l’accès aux réglages du pilote de l’APU. Véritable centre de commande de la Ally X, il se distingue par sa simplicité d’utilisation. Que vous soyez habitué à une console de salon ou à un PC de bureau, sa prise en main ce fera sans trop de difficulté.
L’idée d’un centre de contrôle, à la manière d’un smartphone, avec des raccourcis pour accéder à certains réglages ou options, est vraiment pratique à l’utilisation. Cela évite d’avoir à entrer directement dans le logiciel pour activer ou désactiver une fonctionnalité. Vous pouvez également passer facilement d’un mode de consommation à un autre.
Dans le logiciel, vous trouverez également cinq modes de consommation :
- Le mode Windows, pour une utilisation classique.
- Le mode Silencieux, limité à 13 watts, idéal pour regarder des vidéos ou faire un usage bureautique.
- Le mode Performance, qui consomme 17 watts pour un équilibre entre puissance et autonomie.
- Le mode Turbo, à 25 watts, qui grimpe jusqu’à 30 watts lorsque la console est branchée sur secteur.
- Le mode OC manuel, limité sur batterie, mais qui se déverrouille une fois connecté au secteur pour offrir une plus grande marge d’overclocking.
Windows :
Vous retrouverez un Windows identique à celui d’un PC portable ou de bureau, simplement adapté à la console. Couplé à l’écran tactile, l’expérience n’est pas mauvaise. Cependant, Windows montre encore des limites en termes d’optimisation pour ce type d’appareil. Certains bugs, ralentissements, ou encore des tâches de fond venant consommer la batterie de manière inexpliquée au repos peuvent survenir.
Le choix de Windows, bien qu’il offre une grande liberté et polyvalence à la console, peut parfois être un poids. Cette flexibilité a un coût, et cela se ressent dans la gestion de l’autonomie et la fluidité générale du système à certains moments.
[nextpage title= »Benchmark et Jeux « ]
Benchmark :
Les performances en mode Turbo, obtenues dans les benchmarks, sont comparables à celle d’un Ryzen 7 7435HS sur la partie CPU, un processeur largement utilisé dans de nombreux PC gaming. La Ally X se positionne dans une catégorie de performances équivalente à celle des processeurs portables gaming. Elle est capable d’offrir une excellente expérience en gaming grâce à ses 8 cœurs Zen 4, tout en se montrant étonnamment performante pour une grande variété de tâches en applicatif.
La puce Z1 Extreme m’a véritablement impressionné par son équilibre entre puissance et efficacité énergétique. Il ne faut pas oublier que cette puce est à la fois un processeur et une carte graphique dans un seul composant. Franchement, les performances qu’elle délivre sont tout simplement bluffantes pour un appareil de ce format.
Benchmark en jeux :
Lors des tests, j’ai été étonné par la faible différence de performances entre le mode Turbo, limité à 25 watts sur batterie, et le mode Turbo à 30 watts lorsqu’elle est branchée sur secteur. Bien que la puissance soit augmentée, l’écart en termes de performance reste très faible.
Ce qui m’a vraiment surpris, c’est la fluidité ressentie en jeu avec un framerate de 30 fps. On a presque l’impression d’être à 60 fps, grâce à la taille de l’écran et à l’optimisation de l’expérience de jeu.
Par exemple, dans Tomb Raider, jouer à 30 fps s’avère étonnamment satisfaisant. La jouabilité au joystick, semblable à celle d’une manette de console de salon, améliore nettement la sensation de fluidité. Si vous aviez joué au clavier et à la souris, le manque de fps aurait été beaucoup plus perceptible.
[nextpage title= »À qui s’adresse la ROG Ally X ? »]Je pense que c’est un sujet important : « Mais à qui s’adresse ce genre de console ? » J’en perçois deux pour moi.
L’étudiant :
Le premier, le plus évident pour moi, est l’étudiant. C’est une console certes sous Windows, mais pas seulement. Pour moi, cela reste un PC portable déguisé. Cela veut dire quoi ? Concrètement, vous pouvez l’utiliser comme un ordinateur hors des sessions de jeux. Il est possible de faire de l’applicatif, car la Z1 Extreme n’est peut-être pas au niveau d’un gros processeur de bureau, mais elle se défend plutôt bien contre un bon processeur de PC portable.
Le doublement de la taille de la batterie lui permet d’être plus que jamais transportable et viable hors branchement. Pour moi, ce n’est pas seulement un accessoire, mais cela peut être une alternative à l’ordinateur portable. Elle ne fait que 678g, elle est donc beaucoup plus légère et son gabarit la rend beaucoup plus transportable.
Vous avez juste besoin d’un hub USB avec un port HDMI. Ce qui fait qu’avec le hub, vous pouvez lui brancher un clavier, une souris, un écran, et vous transformer votre Ally X en PC fixe chez vous. Et vous la débranchez pour partir en cours pour l’utiliser comme tablette pour prendre en note vos cours en fac.
Et à côté de ça, vous avez une vraie console de jeux pour pouvoir jouer. Vous avez pour moi un véritable tout-en-un : à la fois une console et un PC portable performant.
L’accessoire :
C’est une console qui n’est pas forcément accessible à toutes les bourses et qui reste un produit de niche. Mais pour les amoureux du jeux vidéo souhaitant prolonger leur expérience au-delà du bureau, la ROG Ally X pourrait bien être une solution. Que ce soit pour jouer confortablement dans son salon, en déplacement ou ailleurs, elle s’adapte à de nombreux usages. Il y a encore quelques années, ce type de produit souffrait de nombreuses limites : autonomie insuffisante, performances décevantes… Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.
Le marché des consoles portables est en pleine évolution, avec un choix croissant de références, et même des géants comme Microsoft et Sony qui préparent leurs propres modèles pour ne pas rater le coche.
Il y a une véritable demande des joueurs pour réinventer leur manière de consommer le jeu vidéo et continuer leur expérience en dehors du salon et du bureau. Le gaming évolue constamment, et on assiste peut-être à un retour de l’âge d’or des consoles portables, comme à l’époque de la PSP ou des premières Nintendo, pour ceux qui s’en souviennent. La console portable n’est peut-être pas en train de disparaître, bien au contraire.
[nextpage title= »Conclusion »]
Le retour de la console portable, mais pas seulement
L’Ally X s’inscrit dans le renouveau et le retour en force des consoles portables, amorcé par la Nintendo Switch et la Steam Deck. Au départ, j’étais plutôt sceptique à l’idée de cette Ally X, que je considérais comme trop gadget, notamment après avoir testé la première génération d’Ally, qui m’avait laissé sur ma faim avec pas mal de lacunes. Cependant, cette deuxième génération de consoles d’Asus m’a agréablement surpris. Avec des améliorations notables, comme une ergonomie repensée et une autonomie doublée, mon opinion a radicalement changé. À ma grande surprise, je suis littéralement tombé amoureux de cette console.
Elle offre un potentiel énorme, en particulier grâce au fait qu’elle fonctionne sous Windows, ce qui la rend bien plus ouverte que des alternatives comme la Steam Deck, souvent cantonnée à son propre écosystème, vous permettant uniquement de jouer à des jeux Steam. Avec un prix de 849 euros contre 499 euros pour l’Ally avec Z1 Extreme, l’Ally X est un poil trop chère. Certes, elle présente des améliorations notables, mais le prix reste un peu trop élevé à mon goût.
ASUS ROG Ally X
On a aimé :
- D’excellentes performances
- Un poids toujours léger en main
- Une excellente prise en main
- L’écran
- La liberté offerte par Windows
- Le doublement de l’autonomie de la batterie
On a moins aimé :
- L’optimisation de Windows, qui peut consommer trop de batterie à certains moments
- Le prix, un peu élevé
Elle ne se limite pas à une console portable : elle rivalise avec un véritable PC portable dans de nombreux scénarios.

