Le lancement de DLSS 5 a marqué un tournant dans l’histoire du rendu graphique, promettant un réalisme accru grâce à son Neural Rendering. Cependant, cette technologie s’est révélée extrêmement coûteuse en ressources, provoquant des chutes de performances drastiques même sur les cartes les plus puissantes. Face à cette situation, la communauté des moddeurs a réagi avec rapidité, développant des solutions pour réorganiser le pipeline de rendu et sauver la jouabilité des jeux.
Les premiers tests officiels, réalisés par Digital Foundry sur NBA 2K27, ont mis en lumière l’ampleur du problème. Sur une RTX 5090, l’activation de DLSS 5 entraînait une perte de performances de plus de 50 %, faisant chuter le débit d’images de 128 FPS à 62 FPS. Sur des cartes comme la RTX 5080 ou la RTX 5070, la situation était encore plus critique, rendant le jeu pratiquement injouable à haute résolution. Ce goulot d’étranglement est dû au fait que le Neural Rendering s’exécute traditionnellement après le rehaussement d’image (Super Resolution), obligeant la carte graphique à traiter des millions de pixels supplémentaires.
Une inversion du pipeline pour gagner en fluidité
La solution apportée par les moddeurs repose sur une modification fondamentale de l’ordre des opérations. Le mod Neural Upstream, intégré désormais dans l’outil DLSS 5 Autopilot, permet d’exécuter le Neural Rendering avant le rehaussement d’image. Au lieu de traiter une image finale en 4K, le modèle neuronal travaille sur une résolution interne beaucoup plus faible, similaire à celle utilisée par les modes Performance ou Qualité de DLSS classique.
Les résultats sont impressionnants. Sur une RTX 4080 en résolution 4K dans Assassin’s Creed Shadows, l’activation de DLSS 5 via la méthode standard faisait chuter le débit d’images à 31 FPS. Avec l’approche Neural Upstream, les performances remontent à environ 50 FPS, soit une amélioration d’environ 61 % par rapport à la méthode conventionnelle. Des gains similaires ont été observés dans des titres exigeants comme STALKER 2, Cyberpunk 2077 et GTA V Enhanced.
Une autre approche, développée par Marcelo Guibout sous le nom de MGPU Bridge, propose de déporter le Neural Rendering sur une seconde carte graphique dédiée. Les tests réalisés avec deux RTX 5060 Ti montrent que cette méthode permet de réduire la charge sur la carte de rendu principale de 35 % à 60 %, tout en maintenant des images fluides. Bien que cette solution nécessite deux cartes, elle démontre que le Neural Rendering peut être isolé sans affecter le reste du pipeline graphique.
Une compatibilité étendue et des compromis visuels
Outre l’optimisation des performances, DLSS 5 Autopilot facilite l’installation de la technologie sur des jeux qui ne la supportent pas officiellement. L’outil analyse automatiquement le jeu et la carte graphique pour choisir la méthode la plus adaptée, que ce soit via Neural Upstream, OptiScaler ou d’autres injections. Cela permet d’apporter le Neural Rendering sur des cartes RTX 20, 30 et 40, ainsi que sur des architectures Vulkan ou DirectX 11/12.
Cependant, cette inversion du pipeline n’est pas sans conséquences. Comme le Neural Rendering agit sur une image de moindre résolution, la fidélité visuelle peut être légèrement inférieure à celle de la méthode officielle de NVIDIA. Certains utilisateurs ont noté des changements dans la gradation des couleurs ou une perte de détails subtils. De plus, l’utilisation de mods implique des risques de stabilité et d’incompatibilité avec les systèmes antitriche, comme le rappellent les développeurs des outils.
Malgré ces compromis, ces modifications offrent une perspective nouvelle pour les joueurs souhaitant expérimenter DLSS 5 sans subir ses effets secondaires. La communauté continue d’affiner ces solutions, tandis que NVIDIA travaille encore sur l’optimisation de sa technologie pour les cartes de la série RTX 50 avant d’envisager une prise en charge plus large sur les générations précédentes.

