Hier, Apple a fait sa traditionnelle conférence de rentrée au cours de laquelle nous attendions tous les nouveaux iPhone (et leurs tarifs). Pas vraiment de surprise puisque autant les iPhone 18 que le nouvel iPhone Duo étaient attendus. La vraie source de questions et de curiosité, c’est la puce A20 Pro.
Petit tournant : les derniers procédés de TSMC d’abord sur les smartphones, avant le PC
Il s’agit du premier SoC destiné à l’iPhone gravé en 2 nm, avec le procédé N2 de TSMC utilisant des transistors GAAFET. Cette puce équipe les iPhone 18 Pro, iPhone 18 Pro Max ainsi que le nouvel iPhone Duo pliable. Pour le clin d’œil, vous aurez sans doute remarqué que la marque à la pomme n’a présenté AUCUNE gamme en dessous du 18 Pro… Mais revenons-en à ce SoC en 2 nm.
Son CPU conserve six cœurs, avec deux « super cores » hautes performances et quatre cœurs économes en énergie. Apple annonce jusqu’à 20 % de performances supplémentaires pour les deux cœurs les plus rapides par rapport à l’A19 Pro. Les premiers résultats Geekbench 6.7 donnent désormais une indication plus concrète. Sur un iPhone 18 Pro Max équipé de 12 Go de mémoire, les deux cœurs rapides atteignent 4,93 GHz. L’Apple A20 Pro obtient 4 725 points en monocœur et 12 575 points en multicœur. Le GPU passe, quant à lui, à sept cœurs, contre six sur la génération précédente, avec des Neural Accelerators intégrés et la prise en charge du ray tracing matériel. Apple annonce jusqu’à 40 % de performances graphiques supplémentaires.
Le test Geekbench Metal affiche effectivement 64 069 points, contre 45 683 points pour l’A19 Pro, soit une progression proche de 40 %. L’architecture comprend également deux Neural Engines de 16 cœurs, soit 32 cœurs au total, tandis que les calculs FP8 profiteraient de performances doublées. La bande passante mémoire progresse de 50 %.
Au bilan, le premier résultat qui frappe concerne les performances monocœur de la nouvelle puce Apple : elles sont particulièrement élevées. Le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 obtient, dans un premier résultat Geekbench, 3 434 points en monocœur et 9 334 points en multicœur, malgré une fréquence atteignant 5,01 GHz. Sur ces résultats précis, l’A20 Pro affiche donc environ 38 % d’avance en monocœur et 35 % en multicœur. Le Dimensity 9600 Pro de MediaTek tourne autour de 3 400 points en monocœur et 12 000 points en multicœur. Là encore, Apple conserve une large avance avec un seul cœur, tandis que l’écart devient beaucoup plus réduit lorsque tous les cœurs travaillent ensemble. Le Xring O3 de Xiaomi montre d’ailleurs la principale limite de l’approche Apple. Grâce à ses dix cœurs, il atteint 14 350 points en multicœur, soit environ 14 % de mieux que l’A20 Pro, même si Apple reprend une avance d’environ 28 % en monocœur.
Apple A20 Pro : une conception moderne et une philosophie différente
Au-delà des performances, c’est aussi le choix de packaging de la puce qui nous intéresse. Le fait d’avoir pu placer la mémoire à côté du SoC plutôt qu’au-dessus est un choix pertinent. Le silicium peut ainsi être directement relié à la chambre à vapeur. Cette dernière offre une surface trois fois plus importante que sur l’iPhone 17 Pro. Apple annonce ainsi jusqu’à 40 % de performances soutenues supplémentaires face à l’iPhone 17 Pro, et jusqu’au double par rapport à l’iPhone 16 Pro. Comme pour les benchmarks Geekbench, il faut cependant conserver une certaine prudence. Un benchmark, si bon soit-il, reste une photographie à l’instant T et ne remplace pas des tests prolongés de température, de consommation, d’autonomie et donc l’observation des effets du fameux throttling…
En conclusion, il est intéressant d’observer qu’Apple fait un vrai bond non seulement sur la technologie de sa puce, mais aussi sur la philosophie de sa conception. C’est aussi le luxe d’Apple de pouvoir concevoir des puces pour son unique usage et non pour les vendre à d’autres. Ainsi, avec un GPU à sept cœurs, davantage d’accélérateurs neuronaux, deux Neural Engine totalisant 32 cœurs, une bande passante mémoire en hausse de 50 % et une conception thermique profondément revue, on dispose d’une puce particulièrement adaptée à l’essor des traitements d’intelligence artificielle exécutés directement sur le smartphone. Elle doit également profiter aux jeux, à la photographie computationnelle, au traitement vidéo et au multitâche.

