Portrait : EZY, modder hors normes

0
Vidéos overclocking.com

Indépendance et communauté

Indépendance et communauté 

OCC : Quand tu constates que Gigabyte ne donne pas suite, que se passe-t-il ?

EZY : Je continue le projet. J’étais déjà très impliqué, et un certain Nico CPK commence à s’y intéresser. Je me suis dit que j’allais aller jusqu’au bout, contacter d’autres marques et finir cet OVNI. Sur le moment, c’est un coup dur : quand tu viens ouvrir l’atelier le week-end à 5 h du matin, seul face au projet, tu te demandes parfois « à quoi bon ». Mais dans ces moments-là, le mieux est de faire les choses pour soi.

OCC : Quel a été le point de départ déterminant ? Le châssis lui-même ?

EZY : Oui. Le châssis, c’est la base de tout, le cœur du projet. Et c’est lui qui a permis au projet de prendre un second départ.

OCC : Comment se passe ce nouveau départ : bascule franche ou évolution progressive ?

EZY : C’est assez franc. À partir de là, je ne dépends d’aucune deadline. Je fais les choses comme je l’entends, et qui m’aime me suive.

OCC : Il y a donc un basculement vers la communauté : tu obtiens rapidement des retours encourageants ?

EZY : Exactement. La communauté a commencé à comprendre où je voulais aller. Des gens parfois très techniques se sont intéressés au projet, puis des marques aussi. Ça m’a clairement donné le sentiment que ça pouvait plaire à d’autres.

OCC : C’est quelque chose d’important pour toi ?

EZY : Pour ce projet, oui. Partager des choses — surtout quand ça touche au savoir-faire — et ensuite être encouragé là-dessus, ça galvanise. Les réseaux sont parfois durs, mais j’ai été plutôt épargné par les blasés et les trolls.

Soutiens, configuration et contraintes industrielles

EZY

OCC : Peux-tu nous parler plus en détail des marques impliquées ? Ce qu’elles ont apporté au projet, et à quels moments ? Ce sera aussi l’occasion d’évoquer la configuration.

EZY : Les premiers à s’être associés à l’aventure, c’est Seasonic, qui m’a envoyé une Vertex 1000 W. Ensuite, Thermal Grizzly m’a fourni de la pâte thermique, un contact frame, ainsi que trois WireView Pro ! EZDIY-FAB m’a fourni un shield GPU : ça m’a permis de positionner la carte graphique exactement comme je le voulais dans le build, ainsi qu’un adaptateur 90° pour le 24-pin. Puis Alphacool, qui m’a vraiment permis d’aller au bout du concept : ils m’ont envoyé une Distroplate 240, trois ventilateurs Apex, un waterblock CPU Core 1, un filtre et un radiateur NexXxoS 360 mm. Enfin, Ergohide m’a envoyé un bureau assis-debout pour la présentation du projet.

OCC : Un soutien à la hauteur de l’ambition du projet. Ton atelier est associé à ton travail et à ton approche du custom, n’est-ce pas ?

EZY : Oui, clairement : sans les marques, le projet ne serait pas ce qu’il est. Aujourd’hui, je suis responsable de production dans le domaine de la tuyauterie industrielle. J’ai passé presque dix ans comme soudeur et tuyauteur industriel, et c’est de là que vient l’ADN industriel du projet. Je voulais intégrer des accessoires que j’utilise au quotidien, notamment en inox : une matière noble, mais complexe.

L’inox au cœur du processus

EZY

OCC : Peut-on dire que le choix de ce matériau a dicté le processus créatif ?

EZY : Complètement. J’ai choisi l’inox en connaissant certaines contraintes techniques, et d’autres que j’ignorais encore. Certains accessoires avaient déjà leur place dans la boucle avant même que je commence.

OCC : Il y a donc eu des découvertes et des apprentissages pendant le projet ?

EZY : Énormément. Je suis parti de loin, et certains procédés m’étaient totalement étrangers. Mais j’ai pu compter sur quelques personnes qui m’ont beaucoup aidé. Le plus délicat, ça a été la boucle : les raccords industriels sont faits pour tenir 30 à 40 bar, donc ils exigent un couple de serrage plus important que sur un loop classique. J’ai vraiment serré les dents au moment de raccorder sur la distroplate et sur le Core 1.

OCC : Tu es satisfait du fonctionnement ?

EZY : Oui, très heureux : tout fonctionne parfaitement. Mais je ressens aussi une forme de mélancolie : j’aime autant le processus que le résultat.

OCC : Avant de parler de la suite, que retiens-tu de ce projet Stealth ICE ?

EZY : Je retiens qu’il faut aller au bout de ses idées. Et que la communauté hardware est extraordinaire : des gens bien plus qualifiés que moi m’ont pris sous leur aile, sans hésiter.