Intel reconnait les faiblesses de sa dernière gravure

2
1063

Début mars s’est tenue la Morgan Stanley’s Analyst Conference à laquelle Intel participait. L’occasion pour le CFO, (directeur administratif et financier) George Davis, de parler du futur de l’entreprise.

Intel 10nm

Le 10 nm, entre retard et manque de performance

Initialement prévu pour 2015, le 10 nm fut repoussé de multiples fois. Sans doute pour s’être fixé un objectif trop haut à atteindre, Intel a du faire face à de multiples problèmes, qu’ils essayent encore aujourd’hui de résoudre. 

En 2017, Intel lançait son premier processeur 10 nm cannon Lake, qui n’était qu’un portage de l’architecture skylake sur cette nouvelle gravure. Ce processeur fut un véritable échec (GPU non-fonctionnelle, fréquence en forte baisse, consommation jusqu’à 40 % plus élevée que le 14 nm, prix élevé) à tel point qu’Intel essaya de faire oublier cette génération.

En 2019 , Intel lança l’architecture Ice Lake en 10 nm+ pour les ordinateurs portables et réaffirma les performances supérieures que cette gravure apporte, arguant même sa supériorité face à la concurrence en 7 nm. Malheureusement, la réalité fut tout autre, le 10 nm+ souffre des mêmes problèmes que son aîné : la montée en haute fréquence semble complexe, la consommation difficile à améliorer, des prix de fabrication toujours élevés, ajouté à ça une faible disponibilité.

Quel futur pour les gravures d’Intel ? 

Aujourd’hui, après plusieurs années , le directeur financier d’Intel Georges Davis rompt avec le dialogue habituel de la firme consistant à s’obstiner. C’est la première fois qu’un officiel reconnaît que le 10 nm ne sera pas la meilleure gravure de la marque, il admet qu’elle ne sera pas aussi performante que le 14 nm. Pire encore, elle ne serait pas plus performante que le 22 nm utilisé pour la génération haswell datant de …. 2014.

Il faut cependant ramener cette déclaration au domaine de compétences de Georces Davis : la finance. Pour lui, le sujet est uniquement traité d’un point de vue comptable. Et sous cet angle, le parcours chaotique d’Intel pour arriver aux 10nm explique beaucoup de choses.

« Look, this just isn’t going to be the best node that Intel has ever had. It’s going to be less productive than 14 [nanometer], less productive than 22 [nanometer] … The fact is, like I said, it isn’t going to be as strong a node as people would expect from 14nm or what they’ll see in 7nm. »

Dans le but de retrouver leur leadership, la compagnie compte rapidement se débarrasser du 10 nm et déployer leur 7 nm le plus tôt possible. Dès 2021, nous devrions voir les premiers produits sortir, alors que dans le même temps, la concurrence, quant à elle, sera déjà passée au 5 nm voir au 3 nm.

Reste à savoir comment interpréter ce discours : volonté de transparence ? craquage ? Avis d’un financier à ne pas mélanger avec l’avis technique…?

Contenu en rapport

S’abonner
Notifier de
guest
2 Commentaires
Newest
Oldest Most Voted
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires
Tableau
5 mars 2020 14 h 13 min

La chute de l’empire Américain après Ibm, Intel…

Jack
Jack
5 mars 2020 20 h 18 min
Répondre à  Tableau

Pourquoi sortir cette gen 10 « de bouze » (selon l’appréciation du lecteur) si c’est pour s’en débarasser le plus vite possible ?

Ils vont encore plus décevoir leure clientèle avec, que de passer au 7nm sans précipitation.

J’ai l’impression de déjà vu, comme avec Broadwell et 6-8mois après c’est Skylake qui est arrivé….

Hormis que Broadwell était très efficient au moins….