Portrait : EZY, modder hors normes

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Naissance du projet Stealth ICE

Naissance du projet Stealth ICE

EZY

OCC : Si je comprends bien, on passe directement de cette configuration à base de 980 Ti HOF au projet Stealth ICE ?

EZY : Exactement. « Tout ou rien ». Mais le déroulement a été plus compliqué. Après la casse de la 980 Ti, j’ai hésité à la remplacer et à continuer. Sauf que repartir sur une carte nouvelle génération tout en gardant des composants plus anciens, ce n’était pas forcément idéal.

OCC : Qu’est-ce qui déclenche alors le projet Stealth ICE ?

EZY : En ouvrant Instagram, je suis tombé sur le concours Gigabyte Stealth ICE, qui permettait à des influenceurs sélectionnés de gagner une configuration presque complète de la gamme. Le projet Stealth ICE est né à ce moment-là. J’ai commencé à dessiner un prototype, à réfléchir et à me documenter énormément sur les composants, dans l’espoir d’être sélectionné.

OCC : Tu avais déjà une audience conséquente sur les réseaux, non ? Mais pas suffisante ?

EZY : J’avais déjà pas mal d’abonnés, parce que je faisais de la colorisation d’images d’archives sur les réseaux. J’espérais que le projet — tout fabriqué à la main — sorte du lot. Mais j’ai eu l’impression que, côté marketing, l’objectif principal était d’attirer de gros streamers.

OCC : Sait-on quels étaient les critères de sélection ?

EZY : Je n’en ai aucune idée. J’ai essayé à plusieurs reprises de les contacter, et je n’ai jamais eu de réponse.


Face à cette déconvenue, il eut été aisé d’abandonner le projet. Mais Julien “EZY”, décide d’en faire une opportunité, de se dépasser sans aucune limite créative. Avant d’entrer dans les détails du projet lui-même, nous avons souhaité discuter de sa passion atypique pour les archives.


Colorisation d’images d’archives

EZY

OCC : La colorisation d’images d’archives, ce n’est pas commun. C’était un hobby ? Tu peux nous en dire plus sur le procédé et la communauté qui s’y intéresse ?

EZY : Oui. J’ai toujours été passionné d’histoire, et je me suis intéressé à la colorisation grâce à une connaissance qui en faisait déjà. C’est très long, parce qu’il faut d’abord obtenir les droits d’utilisation auprès des musées ou des collectionneurs qui les détiennent. Une fois les droits obtenus, on travaille l’image brute : nettoyage, suppression d’artefacts, amélioration de la qualité, etc. Ensuite, on peut attaquer la colorisation avec de l’IA, qui simule des couleurs en fonction des intensités et des valeurs de l’image. Après la colorisation, on peut encore améliorer le rendu avec d’autres logiciels, comme DaVinci. Certains rendus prennent plusieurs jours.

OCC : Quelles IA utilises-tu pour ce processus ? Modèles spécialisés ? Local ?

EZY : Certains logiciels, comme HitPaw, permettent de le faire assez facilement. Et certains groupes travaillent sur leurs propres IA pour obtenir un rendu plus naturel.

OCC : Tu pratiques encore aujourd’hui ? Et tu as une époque de prédilection ?

EZY : Non, malheureusement, j’ai arrêté : une vidéo sur deux était pénalisée par l’algorithme des plateformes. Et j’ai toujours aimé les années 1920.


Julien a pensé et dessiné un châssis sur mesure, choisi les matériaux. Impossible d’arrêter là. La passion créative le pousse à poursuivre malgré ce premier écueil et les doutes que rencontrent inévitablement les créateurs. Au final, le soutien de la communauté et de quelques marques relancent le projet. En effet, Stealth Ice reçoit vite un accueil enthousiaste et quasi unanime sur les plateformes.