Micron vient de présenter le premier module DDR5 de 512 Go au monde. Le fabricant a déjà réalisé des démonstrations sur plusieurs plateformes serveurs, tandis qu’AMD et Intel travaillent actuellement à sa validation pour leurs futures générations de serveurs. Cette mémoire ne vise donc pas les PC gaming ou les stations de travail classiques… Et autant le dire tout de suite, dans ces marchés, le prix est un paramètre secondaire (en tout cas pour le moment).
512 Go sur une barrette… pour mettre plus de RAM dans les serveurs
Justement, Micron évoque comme objectif d’équiper les serveurs faisant tourner notamment les applications d’intelligence artificielle, les grands modèles de langage, l’inférence en temps réel, l’analyse de données, la simulation, la virtualisation et les bases de données conservées directement en mémoire. Le prix reste, pour le moment, inconnu, puisque la commercialisation n’est pas encore programmée. Micron prévoit une production en volume au second semestre 2027, selon les besoins de ses clients. Le constructeur cherche ainsi moins à lancer immédiatement un produit qu’à préparer les prochaines plateformes serveurs.
Le principal intérêt de cette barrette DDR5 de 512 Go repose justement sur sa densité. Micron empile verticalement plusieurs dies de DRAM, puis les relie grâce à des TSV, ou Through-Silicon Vias. Ces connexions traversent directement le silicium et permettent d’augmenter la quantité de mémoire présente dans chaque boîtier, tout en conservant les performances nécessaires aux serveurs modernes. Le module peut fonctionner jusqu’à 9 200 MT/s. Dans un serveur bi-socket équipé de 24 emplacements mémoire, 24 RDIMM de 512 Go permettraient ainsi d’atteindre 12 To de DDR5.
L’efficacité énergétique constitue également un argument important. Selon les mesures communiquées par Micron, un RDIMM de 512 Go consomme 16 W, contre 44,2 W pour quatre modules de 128 Go offrant la même capacité totale. Le gain de consommation dépasse donc 60 %. Cette densité permet également de réduire le nombre de barrettes nécessaires et de conserver davantage d’emplacements disponibles dans certaines configurations. Micron annonce par ailleurs jusqu’à 1,4 fois plus de performances sur des charges analytiques Spark SVM limitées par la mémoire, par rapport à des configurations DDR5 de 256 Go.
Les validations avec les futures plateformes serveur d’AMD et d’Intel sont encore en cours et la production en volume n’est prévue que pour le second semestre 2027. Au-delà de la curiosité technique pour nous, cette annonce en dit long sur l’appétit de plus en plus gargantuesque des serveurs actuels en matière de RAM…

