Accueil Actualités Actu Hardware CXMT intente un procès contre le Pentagone : la mémoire JEDEC n’est...

CXMT intente un procès contre le Pentagone : la mémoire JEDEC n’est pas de l’équipement militaire

0
Vidéos overclocking.com

ChangXin Memory Technologies, le principal producteur de mémoire DRAM de Chine, a officiellement engagé une action en justice contre le département de la Défense des États-Unis. Cette décision vise à annuler la classification de l’entreprise en tant qu’entité liée à l’armée populaire de Chine. Selon Reuters, CXMT soutient que cette désignation manque de preuves tangibles, a violé les procédures établies et a causé des dommages significatifs à sa réputation ainsi qu’à ses activités commerciales.

CXMT

Le ministère américain de la Défense a initialement classé CXMT comme une entreprise militaire chinoise en janvier 2025, durant la présidence de Joe Biden. L’administration Trump a ensuite maintenu cette désignation lors de la mise à jour de la liste effectuée en juin. CXMT indique avoir passé plus d’un an à fournir des informations au département de la Défense dans le but de contester cette classification et d’obtenir son retrait de la liste.

Une erreur sur la nature des composants

Le cœur du différend porte sur la nature technique des puces produites par CXMT. L’entreprise affirme que ses mémoires respectent intégralement les normes civiles JEDEC et ne répondent pas aux exigences spécifiques imposées aux composants semi-conducteurs de grade militaire chinois. Ces exigences concernent notamment la température, l’emballage, les tests et la supervision militaire.

CXMT memory

Le Pentagone avait initialement justifié l’inclusion de CXMT sur la liste par un argument de “grade militaire”. Selon la plainte, un rapport de 2024 du département de la Défense indiquait que la DRAM de CXMT contribuait à la base industrielle de défense chinoise car elle était à double usage. Cette affirmation s’appuyait sur une publicité décrivant les produits comme étant de “grade militaire”. CXMT conteste vigoureusement cette source, précisant qu’elle provenait d’un distributeur non autorisé qui a par la suite admis que cette caractérisation était erronée.

De plus, l’entreprise souligne que si ses produits étaient fabriqués aux États-Unis, ils seraient classés comme étant à usage purement civil. CXMT déclare ne détenir aucune licence pour fabriquer des produits destinés à un usage militaire. Bien que la mémoire CXMT puisse être présente dans des systèmes utilisés par l’armée ou les services secrets chinois, l’entreprise fait valoir que cela ne prouve pas automatiquement qu’elle est un fournisseur direct de ces entités.

Conséquences commerciales et réputationnelles

L’inclusion sur la liste des entreprises liées à l’armée chinoise entraîne des restrictions concernant les contrats avec le gouvernement américain. Cependant, CXMT précise qu’elle cherche rarement de tels contrats. L’impact le plus critique réside dans les relations commerciales et la réputation de l’entreprise. De nombreuses sociétés hésitent à s’associer à des firmes désignées comme ayant des liens avec l’armée chinoise.

Depuis janvier 2025, la désignation a continuellement nui à la situation commerciale et à l’image de marque de CXMT. L’entreprise a également pointé du doigt une contradiction administrative : un avis publié en février indiquait que CXMT serait retirée de la liste, mais ce document a été retiré le même jour sans aucune explication. En juin, le Pentagone a réaffirmé la classification de CXMT comme étant “directement affiliée au MIIT” et “indirectement affiliée au SASAC”. Le MIIT est le ministère chinois de l’Industrie et de l’Informatique, tandis que le SASAC est la commission de supervision des actifs d’État du Conseil d’État, organisme propriétaire des parts du gouvernement dans les entreprises d’État non financières.

Cette action en justice vise donc à protéger les intérêts commerciaux de CXMT et à corriger une situation que l’entreprise juge injustifiée et basée sur des informations erronées concernant la nature de ses produits.