Plantons le décors. Chey Tae-won est un milliardaire coréen, propriétaire de SK Group, le deuxième plus grand conglomérat de Corée du Sud. Dans SK Group, on trouve le numéro deux mondial des puces mémoires SK Hynix. Il s’est marié en grandes pompes en 1988 avec la fille de Roh Tae-woo, qui a été à la tête du pays de 1988 et 1993.
36 ans plus tard, la fin de leur aventure commune fait trembler le monde des affaires. Tout part de la révélation d’une liaison avec une femme beaucoup plus jeune et d’un enfant né de cette relation. Ce divorce inévitable s’est évidemment prolongé devant les tribunaux. Et la dernière étape en date vient d’une cour d’appel qui a demandé au patron de SK Group de verser 1.380 milliards de wons, soit 1 milliard de dollars, au titre du partage des biens à son ex-femme. Les avocats de la femme trompée ont ainsi réussi à démontrer que le succès de son mari reposait, en partie, sur le soutient de son épouse en particulier de « son travail au foyer ». Mais surtout, il a été évoqué l’impact des liens privilégiés avec le pouvoir politique qu’elle avait apportés, en tant que fille de président, à son mari au fil des ans.
Une affaire qui pourrait déstabiliser le groupe
Dans cette affaire, il faut bien comprendre que l’essentiel de la fortune de Chey Tae-won est composé de participations dans différentes filiales de l’entreprise fondée par son oncle au début des années 1950. La somme réclamée est due, en liquide. Une situation qui pourrait contraindre l’intéressé à réduire ses parts dans certaines entreprises clés du conglomérat toujours aux mains de sa famille. Compte tenu de l’actualité et du boom sur les puces liées à l’IA, SK Hynix, le spécialiste des mémoires NAND, DRAM et HBM est un actif rapidement mobilisable.
SK Hynix : une cible idéale pour des investisseurs “vautours”
Le journal Les Echos nous apprend que en début de semaine, les membres de la direction de SK Group ont tenu une réunion de crise, pour étudier les conséquences du partage du patrimoine du couple, ordonnée par la justice, à la suite de leur divorce. Le besoin en liquidités pourrait entrainer des ventes de titres du groupe. Les juristes de l’entreprise mettent ont mis en garde contre le risque de voir des investisseurs mal intentionnés ou des fonds activistes profiter de ces cessions soudaines pour s’inviter au capital et prendre la main sur la destinée de l’entreprise.
Pour gagner du temps, les avocats de Chey Tae-won ont fait appel de la décision.

