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Premières livraisons de Nvidia H200 en Chine : Pékin relâche son blocus

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Alors qu’il y a quelques heures, les officiels chinois annonçaient viser les 90 % d’équipement pour l’IA de leur pays avec des cartes locales, les choses bougent pour Nvidia. Après des mois de blocus réglementaire, la Chine continentale commence enfin à recevoir des puces Nvidia H200. Selon le Financial Times, qui cite des sources proches du dossier, les géants technologiques ByteDance et Tencent ont chacun pris livraison de 10 000 accélérateurs ces dernières semaines. Cet événement marque le premier mouvement significatif de ces puces vers la Chine depuis l’approbation des exportations par la Maison Blanche en décembre dernier.

Nvidia H200

Le gouvernement chinois souhaite que la majeure partie des quotas de licences américaines, estimés à 100 000 unités par entreprise, reste hors du continent. Les régulateurs orientent les acheteurs vers Hong Kong. Nvidia détient actuellement un stock d’environ 500 000 H200, construits principalement pour les clients chinois. L’administration américaine a autorisé les exportations de H200 vers des clients chinois approuvés en décembre, en échange d’un versement de 25 % de chaque vente au Trésor américain.

Un blocus administratif et des infrastructures insuffisantes

Malgré les autorisations, les commandes ne circulaient pas. Chaque achat nécessitait une approbation au cas par cas de la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC). Ce blocus a fait chuter la part de marché de Nvidia en Chine, passant de 95 % à zéro, selon Jensen Huang. Des partenaires comme Lenovo ont indiqué la semaine dernière que les commandes pour des serveurs IA basés sur H200 pourraient reprendre, mais chaque achat doit toujours obtenir une signature NDRC distincte.

Le simple fait que des puces soient livrées ne signifie pas que l’infrastructure est prête à les accueillir. Le H200 consomme jusqu’à 700 W, et un serveur HGX H200 entièrement équipé de huit puces atteint environ 10 kW. À ce rythme, le quota de 100 000 unités d’une entreprise correspondrait à environ 12 500 serveurs et 125 MW de charge informatique. Le stock de 500 000 unités de Nvidia représenterait quant à lui approximativement 625 MW.

Hong Kong dispose d’une base installée totale de 47 centres de données, soit environ 581 MW. Avec un PUE moyen de 1,62, la consommation réelle du réseau dépasse largement la seule charge informatique. Un responsable proche du dossier a décrit la situation comme un dilemme : les entreprises ne trouvent aucun endroit sur le territoire pour déployer les puces. Le cluster de centres de données de la Métropole du Nord, destiné à combler le manque, n’est pas prévu pour être opérationnel avant 2029.

Une stratégie de maintien du marché local

Les datacenters chinois exécutent de plus en plus les tâches d’inférence sur des accélérateurs locaux, mais l’entraînement des modèles de pointe repose toujours sur du matériel Nvidia. Les tentatives ratées de DeepSeek pour former son modèle R2 sur des puces Huawei Ascend illustrent pourquoi. Les livraisons de 10 000 unités représentent environ 2,5 % des 400 000 H200 que ByteDance, Alibaba et Tencent avaient été collectivement autorisés à acheter en janvier. La NDRC continue de verrouiller chaque commande, et l’orientation de la majorité des volumes licenciés vers un territoire incapable de les loger maintient le marché local captif pour les fabricants de puces domestiques.