Les bénéfices 2026 de Samsung sont une insulte à l’intelligence des consommateurs
Samsung s’apprête à vivre une année record sur le plan financier. Kim Yong-kwan, président de la division semi-conducteurs (Device Solutions) du groupe, a déclaré lors d’une réunion interne tenue le 3 juillet que le bénéfice d’exploitation de sa division correspondrait cette année aux attentes du marché. Or ces attentes sont vertigineuses : les analystes tablent sur un bénéfice d’exploitation annuel avoisinant 300 000 milliards de wons, soit environ 200 milliards de dollars, un montant qui dépasserait à lui seul l’ensemble des profits cumulés par Samsung depuis son entrée dans l’industrie des puces, quarante ans plus tôt.
Un bénéfice 2026 supérieur au total des profits de ces 40 dernières années.
Si on reste sur l’analyse des données fraiches officielles, selon les estimations relayées par Reuters et Boursorama, le géant sud-coréen devrait annoncer, pour le deuxième trimestre 2026, un bénéfice d’exploitation proche de 86 000 milliards de wons, soit environ 56,35 milliards de dollars. Ce chiffre représenterait une multiplication par 18 sur un an, face aux 4 700 milliards de wons enregistrés un an plus tôt. Surtout, ce serait le troisième trimestre consécutif de bénéfice d’exploitation record pour Samsung. Le moteur de cette envolée est clair : la mémoire.
Les tensions sur l’offre permettent à Samsung de relever ses prix de la DRAM standard de 90 % au premier trimestre, puis de 50 à 60 % au second, avec une nouvelle hausse d’environ 20 % annoncée pour le troisième trimestre. Citi Research a par ailleurs relevé une progression des prix moyens de vente de 44 % pour la DRAM et de 53 % pour la NAND sur un trimestre, tandis que le prix contractuel d’un module LPDDR5X de 12 Go a grimpé jusqu’à 145 dollars, contre environ 120 dollars en début d’année, après avoir triplé depuis le premier trimestre 2025. Évidemment, dans cette histoire, Samsung n’est pas le seul à profiter de la situation. SK Hynix et Micron ont fortement progressé en 2026, tandis que la capitalisation cumulée de ces trois acteurs aurait dépassé 1 000 milliards de dollars.
Pénurie de ram ou profiteurs de crise ?
Comme depuis quelques mois, certains observateurs évoquent une bulle et la nécessité de garder la tête froide sur l’emballement du marché. Car pour Samsung comme pour les autres, cette rentabilité exceptionnelle demeure très largement dépendante d’un seul moteur, la demande liée à l’intelligence artificielle. Et à un moment ces investissements vont devoir produire des résultats. Tout ralentissement des dépenses des géants du cloud pourrait rapidement rebattre les cartes.
Mais il n’y a pas que l’IA et les utilisateurs de PC, smartphones, consoles, etc, sont pris en otage depuis des mois.
Enfin, nous avons tous tendance à reprendre le terme de “pénurie” utilisé par le cartel de la RAM. Mais force est de constater que celle-ci reste disponible, à des prix délirants, mais disponible. Nous sommes donc bien sur ce qui ressemble à des profiteurs de crise où des fabricants ont décidé d’adopter une stratégie leur permettant de profiter de leur quasi-monopole pour faire exploser les prix (et leurs marges par voie de conséquence).



