Si vous nous lisez, ce n’est pas la première fois que vous entendez parler de CXMT. Cette entreprise est le fer de lance de l’industrie chinoise pour les puces RAM. Elle propose des puces DDR4, LPDDR4X et plus récemment, de la DDR5 gravées avec des process comme le 17nm et le 18nm. À plusieurs reprises, elle a été considérée comme pouvant tirer bénéfice des tensions sur le marché de la DDR5 en suppléant le “cartel” de la Ram. Jusque-là, les deux entreprises chinoises étaient dans le collimateur du Pentagone : CXMT et YMTC.

Mais pendant quelques heures, on a pu croire que l’administration américaine ne considérait plus, de manière officielle, ces entreprises comme des Chinese military companies. Cette décision n’est pas que symbolique. Elle permet notamment aux fonds d’investissement étrangers de conserver leurs parts dans ces sociétés. Ensuite, si ce signal ne change rien à court terme, il permet à CXMT notamment de gagner en légitimité pour amplifier son accès aux marchés occidentaux qui a déjà commencé. Il y a quelques heures donc, le Pentagone a donc publié cette fameuse liste 1260h des entreprises “blacklistées” dans laquelle les 2 fabricants chinois n’apparaissaient plus…Mais la bonne nouvelle n’a pas duré bien longtemps puisque rapidement, cette liste a été dépubliée.
Liste 1260h : Pression sur la Chine ou erreur ?
Il est difficile de savoir si cette volte face a été causée par le retrait de la liste (et donc le blanc seing) de l’administration US pour CXMT et YMTC. Car ceux qui ont pu faire une copie de la liste ont aussi été surpris par la présence de nouveaux noms, de facto blacklistés, et pas des moindres.
En effet, le Pentagone a rajouté Alibaba, Baidu, BYD mais aussi BOE Technology (un très gros pourvoyeur de dalles LCD) ainsi que TP-Link…Ces entreprises sont donc associées à l’industrie militaire chinoise pour l’administration US. Est-ce là une erreur ou un moyen de mettre la pression sur la Chine avant une rencontre entre les présidents Xi et Trump programmée pour les prochaines semaines ?

