CXMT et YMTC ne seraient pas en capacité de soulager le marché de la mémoire

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Le marché de la mémoire est sous pression parce que l’industrie de l’intelligence artificielle génère une très forte demande en mémoire. Les productions de Micron, Sk Hynix ou encore Samsung ne parviennent pas à satisfaire cette demande et les prix montent tandis que des ajustements doivent être faits à tous les niveaux, même dans le secteur des cartes graphiques grand public. Jusqu’à présent, nous espérions que les constructeurs chinois CXMT et YMTC viendraient soulager le marché, mais il ne faut pas compter dessus visiblement.

CXMT et YMTC pas en capacité de devenir des producteurs majeurs ? 

La principale raison qui empêcherait ces deux entreprises de devenir de gros producteurs concerne leur méthode de production justement. La Chine n’a pas accès à des méthodes de production EUV et doit s’appuyer sur des moyens alternatifs pour produire leur DDR5. Malheureusement, ces méthodes ne sont pas aussi efficaces, en résulte des dies plus gros sur les wafers (40 à 50% plus gros que ceux des acteurs coréens) et donc les rendements sont inférieurs. Sur un marché où les coûts de production et le volume importent, cela fait un sacré désavantage.

Ensuite, le gros de l’offre de ces entreprises est déjà, en grande majorité, absorbé par la demande locale chinoise. Dans les grandes lignes, ces entreprises n’ont pas de gros volumes disponibles à l’exportation… Et même si c’était le cas, le manque d’expérience de ces sociétés rend les clients potentiels frileux. Mais ce point reste à nuancer puisque HP semble considérer l’adoption de solutions chinoises. D’autres pourraient être tentés, mais nous y reviendrons un autre article.

Au niveau des prix, CXMT et YMTC n’appliquent pas non plus de politique tarifaire particulièrement agressive. Récemment, des rumeurs indiquant que des puces mémoires étaient vendues à des prix inférieur à celui du marché ont été démenties. C’est même tout l’opposé puisque ces entreprises cherchent à se rapprocher des prix de contrat des acteurs coréens.

Ensuite, même si cela concerne surtout les américains, précisons que YMTC figure sur la liste noire des entreprises aux États-Unis. Parce que la firme chinoise a travaillé avec Huawei et l’armée chinoise. Le cas de CXMT est différent, mais l’entreprise figure sur la section 1260H limitant son intérêt commercial au risque d’intervention de l’administration.

Bref, la vision du sauveur chinois n’est donc pas prête de se réaliser. Les deux champions du domaine n’ont pas encore les capacités ni la puissance économique pour devenir des acteurs majeurs. Mais dans ce domaine tout va très vite et si la Chine parvient à s’équiper en moyen de production EUV, les choses peuvent basculer. Malgré les sanctions, ils ont quand même réussi à assembler un prototype de machine EUV.