Geekom est un fabricant de mini-PC qui commence à avoir une certaine notoriété. Récemment, l’entreprise a officiellement reconnu avoir distribué des pilotes réseau compromis par un logiciel malveillant sur une série de ses mini-PC équipés de processeurs AMD. Cet aveu intervient après que VideoCardz a mis en lumière la présence d’une backdoor nommée Asruex au sein d’un installateur de pilote LAN disponible sur les pages de support de l’entreprise.
Les modèles concernés et la gravité de l’incident
Les appareils touchés par cette faille de sécurité appartiennent aux gammes A7, A8, AE7, AE8, AX7 Pro et AX8 Pro. Selon les informations recueillies, l’installateur du pilote LAN hébergeait le malware Asruex, capable d’obtenir des permissions d’administrateur sur le système. Une fois installé, ce logiciel malveillant pouvait potentiellement voler toutes les données de l’utilisateur, intercepter les frappes au clavier ou récupérer des mots de passe. De plus, il établissait une connexion avec des centres de commande à distance, permettant aux auteurs de la cyberattaque d’accéder au PC à tout moment.
Geekom a immédiatement retiré le paquet logiciel incriminé de ses serveurs. L’entreprise a également publié un communiqué d’excuses, indiquant que le pilote en question se trouvait sur une page de support “légère” qui avait déjà été remplacée et n’était plus accessible via la navigation normale, bien qu’elle restait indexée par les moteurs de recherche. Cette dernière précision est cruciale, car elle suggère que de nombreux utilisateurs ont pu tomber sur ce lien via Google ou des assistants de recherche, sans passer par les menus officiels du support.
Recommandations de sécurité et contexte
À l’heure actuelle, les utilisateurs possédant un de ces mini-PC et ayant installé le pilote LAN depuis le site de Geekom sont vivement invités à effectuer une purge complète de leur système, ou au minimum à lancer un scan Windows Defender hors ligne. Les experts soulignent que, bien que la vulnérabilité soit liée à un pilote téléchargé manuellement, rien ne suggère que ces machines soient infectées par défaut lors de la sortie de l’usine.
Cet incident rappelle d’autres cas similaires, comme celui des mini-PC AceMagic contaminés par des malwares Bladabindi et Redline, ou les mises à jour logicielles empoisonnées d’Asus en 2019. La cause probable de cette négligence semble être une méconnaissance des bonnes pratiques de développement logiciel, un problème parfois attribué à la priorité donnée au matériel par rapport aux logiciels dans certaines régions industrielles.
Geekom a demandé à notre confrère de retirer son rapport initial, une démarche que le site a refusée. Pour l’instant, l’entreprise se concentre sur la sécurisation de ses canaux de distribution et la protection de ses clients contre ce type de menace.

