À l’occasion du lancement de la technologie DLSS 5, Nvidia a publié des diagrammes de performance mettant en avant des chiffres records pour sa gamme RTX 5000. Selon les données communiquées, la carte de référence RTX 5090 atteindrait jusqu’à 370 images par seconde (FPS) dans certains scénarios. Évidemment, une lecture attentive de ces statistiques montre que ces performances reposent massivement sur des techniques d’interpolation et non sur une puissance de rendu brute accrue.
Une majorité d’images générées par l’IA
Les tests officiels présentés par le géant américain reposent sur l’utilisation du mode Multi Frame Generation (MFG) en 6x, couplé à un upscaling par IA. Dans ce mode, pour chaque image réellement calculée par le processeur graphique, cinq autres images sont interpolées par l’algorithme. Ainsi, sur les 370 FPS annoncés pour la RTX 5090 en résolution 4K, seules 62 images correspondent à un rendu traditionnel, tandis que 308 images sont générées par l’intelligence artificielle.
Cette répartition change selon la résolution et le preset utilisé. En Full HD (1080p), la carte rend environ 62 images par seconde, ce qui est cohérent avec la multiplication par six pour atteindre les 370 FPS affichés. En revanche, en WQHD (1440p), le nombre d’images réellement rendues chute à 98 par seconde pour atteindre les 260 FPS annoncés. La RTX 5080, elle, se limiterait à 68 images rendues par seconde dans cette configuration.
Des conditions de test limitées
Il est important de noter que ces chiffres ne reflètent pas nécessairement l’expérience utilisateur dans tous les jeux. Les tests présentés par Nvidia utilisent le titre NBA 2K27, un jeu aux mouvements prévisibles et à la caméra fixe, idéal pour l’interpolation. Pour des titres à caméra libre ou en monde ouvert, la latence et la fluidité pourraient varier. De plus, aucun benchmark officiel ne compare ces résultats avec le DLSS 5 désactivé, rendant difficile l’évaluation de la perte de performance réelle induite par la technologie.
Il est également indiqué que le mode 6x est réservé aux cartes de la série Blackwell et aux écrans à très haute fréquence de rafraîchissement (240 Hz et plus). Pour les utilisateurs disposant de moniteurs standards, le mode 4x du DLSS 4.5 reste la norme. Enfin, les performances annoncées sont des valeurs maximales ; des tests indépendants montrent que l’activation de ces fonctions peut réduire la fréquence d’images native de manière significative dans d’autres titres, comme Control, où une baisse de moitié a été observée sur une RTX 5070 Ti.
En attendant des tests indépendants plus complets incluant des mesures de latence et des comparatifs sans IA, ces chiffres restent une indication de la capacité théorique de la RTX 5090 à générer des images, mais pas de sa capacité à les calculer. Au-delà des polémiques, nous avons déjà dit ici que l’approche de Nvidia nous semblait intéressante et qu’il ne faut pas s’enfermer dans ces querelles de « vraies performances », alors que seule l’expérience utilisateur devrait compter.

