Valve a franchi une étape technique significative en intégrant une prise en charge préliminaire des cartes graphiques Nvidia à la branche principale de développement de SteamOS. Cette avancée, annoncée par l’équipe logicielle de l’éditeur, marque un tournant pour les utilisateurs du système d’exploitation basé sur Linux. Pierre-Loup Griffais, développeur logiciel chez Valve, a confirmé que certaines générations de cartes GeForce peuvent désormais fonctionner directement sur la plateforme, bien que les performances actuelles ne soient pas encore à la hauteur des attentes.

Une rupture avec la domination d’AMD
Pendant de nombreuses années, le matériel AMD a été le choix privilégié pour les utilisateurs de Linux et, par extension, ceux de SteamOS. L’installation de distributions majeures comme Ubuntu, Fedora ou Arch incluait par défaut une accélération matérielle complète pour les GPU AMD, sans nécessiter de scripts d’installation complexes. Cette facilité d’utilisation a guidé le développement du Steam Deck et des Steam Machines. En revanche, bien que Nvidia ait récemment modernisé sa pile de pilotes pour Linux afin de s’aligner sur les modèles d’Intel et AMD, son matériel ne fonctionne pas encore de manière optimale. De plus, les pilotes fermés officiels fournis par Nvidia pour Linux sont souvent en retard par rapport à leurs équivalents Windows en matière de prise en charge des jeux, de correctifs de bugs et de fonctionnalités.
Les défis techniques et la voie à suivre
Face à cette situation, Valve poursuit ses efforts pour étendre SteamOS à un parc matériel plus large, incluant spécifiquement les cartes Nvidia. Lors d’une interview avec IGN, Pierre-Loup Griffais a précisé que l’équipe a activé le pilote dans l’arbre principal de SteamOS. Il a ajouté que si l’affichage fonctionne sur certaines générations de cartes, un écart notable subsiste entre les performances obtenues avec ce pilote et les meilleures performances actuelles. Griffais a indiqué que cette différence est en train de se réduire jour après jour, mais qu’il reste du travail à accomplir pour combler ce fossé.
La stratégie de Valve repose sur Arch Linux, une distribution à mises à jour continues, ce qui lui permet de déployer instantanément les derniers pilotes graphiques et les optimisations de jeux. Une prise en charge réussie des GPU Nvidia pourrait bénéficier à un large public, car ces cartes équipent 72 % des machines recensées lors des enquêtes menées par Steam. Une adoption correcte de SteamOS sur ce parc matériel pourrait ainsi stimuler l’adoption globale de Linux dans le domaine du jeu vidéo.
Une fois cette barrière technique franchie, un autre défi majeur attendra Valve : convaincre les fabricants de logiciels antitriche d’améliorer leur prise en charge de Linux. Si cette étape est également franchie, les joueurs auront peu de raisons de continuer à dépendre de Windows pour leurs expériences de jeu sur cette plateforme.
