Nous vous avions récemment fait part du lancement immédiat sur le marché par Corsair de ses SSD MP600 Mini 2230.
Pour rappel, ce sont des stockage M.2 NVMe en format super-compacte 2230, c’est-à-dire 30mm en longueur, et 22mm de largeur comme tous les M.2 22xx. Ils sont destinés à l’usage dans des consoles handhelds tel SteamDeck ou Ally, mais aussi pour des tablettes et laptops ultrafins tels les Surface Pro de Microsoft, et également certains NUC’s
Le marché du M.2 2230
Jusqu’à présent, ce marché niche (mais en pleine explosion) a été très mal fourni : Kioxia (ex Toshiba) étaient l’unique fabricant historique de qualité de ce format, mais leurs dispositifs BG4/5 sont très durs à obtenir en tant que consommateur. L’option plus accessible fut historiquement les cartes Dell OEM, du rebranding des Kioxia, avec des garanties appauvries en conséquence.
Avec une disponibilité réduite, ce segment niche est également assorti des conséquences pécuniaires d’une demande limitée. Une recherche rapide ici en France révèle des dispositifs avec des prix entre 105 € et 180 € pour les simples modèles 512Go, dont la plupart sont toujours sur des interfaces anciennes PCIe3.0x4 avec les conséquences prévisibles sur la performance. Bref, du grand n’importe quoi.
Gros morceau du stockage flash et accessoires, Sabrent sont arrivés sur ce marché en janvier de cette année, avec leur modèle 2230 du Rocket PCIe4.0x4 512Go à €105, et 1To à 180 €. C’était déjà un grand pas en avant pour le marché, mais à 0,18 € le Go cela représente presque le double du coût du stockage en format 2280.
Teamgroup viennent d’annoncer leur MP44S, en capacité de 1To et 2To, mais aucune information pour le moment sur les prix, ou la date effective de lancement.
Corsair entre en jeu avec son MP600 Mini
Quand Corsair a donc annoncé la disponibilité immédiate de leurs dispositifs ce 25 avril passé – sans préavis ni échantillons presse – au prix direct sur leur site de 125 € livré (baissé depuis à 120 € !!!) pour le modèle 1To – nous nous sommes jetés dessus, pour un besoin bien spécifique, et l’avons désormais entre les mains à tester. NB il est disponible sur site Corsair USA pour la somme modique de $105!
Au prix de 0,12 €/Go, cela représente une économie d’un tiers comparé à son rival direct, le Sabrent!
De quoi est donc fait ce petit SSD ?
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Les chiffres
Corsair nous liste les taux maximaux de transfert de ce MP600 Mini 1To à 4800Mo/s en lecture et en écriture. Voici les spécifications techniques au complet :

À noter que ce sont des chiffres maximaux théoriques obtenus en usage comme disque secondaire et vide.
Le contrôleur Phison de nouvelle génération
Le contrôleur en usage dans cette dernière génération de SSD, inclus ce Corsair MP600 Mini et le Sabrent Rocket 2230, est le Phison E21T annoncé début 2021. Issu d’un nœud 12nm il est plus compacte et coute moins à produire que ses prédécesseurs, justement ce dont ce marché est en grand besoin. Il est proposé en tant que contrôleur « entrée de gamme » PCIe Gen4 – PCIe4.0x4 spécifiquement. Les lecteurs avertis noteront tout de suite qu’on est loin des vitesses maximales possibles en Gen4, qui sont dans les alentours de 7000Mo/s – vitesses accessibles sur les meilleurs SSD 2280 dotés du Phison E18T – mais plutôt alignés sur les performances obtenues avec les SSD mi-Gen4 équipés du contrôleur E16T.
Voici les caractéristiques au complet :

Au niveau hardware, ce contrôleur embarque la panoplie habituelle de standards cryptographiques nécessaires pour activer le chiffrage BitLocker etc. Comme tous contrôleurs Phison modernes, il est compatible avec le DirectStorage et inclut une sonde de température.
Il supporte un maximum de 4Go de NAND TLC ou QLC qui signifie qu’avec les densités déjà disponibles nous devrions voir des capacités maximales de 2To en simple face ou 4To en double face d’ici peu. Ceci est crucial car certains dispositifs, tel le SteamDeck, ne supportent que les M.2 en simple face.
Il a fait sa première apparition dans un SSD Inland en décembre dernier, et le Sabrent 2230 est lui disponible depuis fin janvier.
La garantie
Les spécifications techniques du dispositif à part, ce SSD est couvert par une garantie de 5 ans, avec une limite de données écrites de 600TBW. Cette garantie relativement costaud est égale à celle de Sabrent, ou par exemple de la Samsung 980 Pro en format 2280. En revanche les 600TBW sont plus du double des 250TBW du TeamGroup MP44S récemment annonce.
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Notre Corsair MP600 Mini est arrivé sur site dans son emballage convenablement réduit, cependant dans un carton plus grand qui s’est offert une tournée internationale de 8 jours de Taiwan, Hong Kong, l’Allemagne, les Pays-Bas puis la Belgique avant d’arriver dans nos mains en France. On pourrait s’interroger sur l’efficacité de ce circuit, que nous espérons Corsair optimisera rapidement pour le marché Européen, mais le petit disque est néanmoins arrivé sain et sauf – 9 jours au total après avoir passé la commande en direct sur leur site France.
Dans la boîte
L’emballage du SSD est typique – une coque plastique antistatique protège le petit miracle, à l’intérieur d’une boite en carton plastifié dans le style habituel et reconnaissable Corsair.

Le contenu est minime : le SSD, l’obligatoire dépliant d’avertissements et infos, et un QR code pour accéder au manuel en ligne. On vous épargne l’effort – rien d’inhabituel ou d’intéressant, passez votre chemin. D’ailleurs, pour les lecteurs français, au moment de rédaction de cet article, scanner le code vous présente une erreur 404 décevante, il semble que Corsair n’ont pas encore traduit et publié le manuel en versions internationales. Celui en US English est cependant disponible si vous êtes déterminés. Si on peut leur en vouloir pour cet oubli, on les applaudi au moins pour l’exercice de réduction de papiers inutiles.
Petit mais costaud le Corsair MP600 Mini!
Cependant… la quantité réduite ne signifie en rien un manque de qualité. Si vous n’avez jamais eu en main une de ces disques 2230 auparavant, on ne peut qu’être impressionné par le fait que ce joujou de la taille d’un timbre postal peut encaisser plus d’un million de livres électroniques, ou une centaine de milliers de fichiers audio lossless … Une cinquantaine de Blu-ray RAW… Ou plus notablement un ou deux titres jeux AAA modernes :/

Si la densité de stockage n’était pas déjà impressionnante, elle l’est d’autant plus que ce M.2 est « single-sided », simple face, avec un seul coté habillé de composants dont le contrôleur, le NAND, et une fine étiquette dissipatrice de chaleur. Le verso n’abrite aucun composant majeur.
Nous reparlerons de la densité plus loin, le moment est venu de mettre ce bijou au travail !
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Une utilisation idéale
Une tablette Microsoft Surface Pro 8 achetée récemment avec une configuration moyenne-gamme qui inclut un disque dérisoire de 256Go sera le bénéficiaire immédiat de cette mise à niveau. Son propriétaire n’a pas perdu de temps à remplir 213 des ~230Go disponibles. Par conséquence les performances sont sensiblement dégradées.
Comme il est tristement trop souvent le cas, Microsoft n’offrait pas la possibilité de choisir un SSD de plus grande capacité avec ce modèle au moment de l’achat, poussant l’acheteur à monter en puissance CPU et quantité RAM pour accéder aux capacités de stockage de 512Go ou 1To. Obligation donc d’acquérir des composants plus puissants inadaptés pour les usagers qui ne se sentiraient pas capable, ou n’ont tout simplement pas envie, de procéder à la mise à niveau que nous faisons. Un investissement inutile qui finira un jour au recyclage car on parle très concrètement de dispositifs ultra-compacts qui ne permettent aucune mis à niveau à part justement le SSD.
On sort l’ancien

À leur crédit, au moins Microsoft ont rendu l’accès au M.2 on ne peut plus facile – on accède au compartiment dédié sans ouvrir le boitier, avec un simple trombone. Cependant, ils ont bien sûr choisi de mettre un bâton dans les roues avec une vis en T4 plutôt que l’alternative habituelle Philips. Aucun souci avec notre kit iFixIt toujours à portée de main.
Votre expérience variera en fonction du gadget particulier dont vous disposez, mais ces jours-ci la plupart des dispositifs dans lesquels vous seriez amenés à installer ce SSD rendent l’accès assez facile. Il est parfaitement envisageable qu’un novice absolu puisse mener l’opération à bonne fin en très peu de temps – vérifiez vos guides !
Avant de dégager le dispositif 256Go « Microsoft » actuel, nous procédons à une copie de son contenu sur un disque USB externe. Nous testons la performance actuelle, puis encore un test avec le disque vidé à moitié – on en parlera d’ici peu !
Roulez jeunesse

Avec le MP600 Mini correctement sécurisé on referme la trappe, on démarre notre logiciel d’imagerie depuis une clé USB, et on recopie le contenu de l’ancien disque sur le nouveau.
Et c’est fini !
Le PC redémarre et retourne à l’état ou nous l’avions laissé il y a moins de 20 minutes. Plus facile c’est dur.
Passons aux performances : ce Corsair MP600 Mini tient-il ses promesses ?
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Pour rapidement tester les performances, nous lançons de nouveau Crystal Disk Mark, et après une petite attente nous avons notre dernier volet de résultats.
Depassé – et déjà surmené
Commençons donc avec le disque que nous remplaçons. Il est marqué Microsoft mais c’est un dispositif PCIe Gen3 de SK Hynix sous le froc.
Nous incluons ces résultats pour mesurer certes la différence en perf de la mise à niveau, mais également ici pour mettre en garde contre les effets négatifs de remplir un SSD à sa limite.

La première capture d’écran ci-dessus montre l’ancien disque rempli à 96% et la deuxième ci-dessous avec le disque vidé a moins de la moitié : la différence est claire. L’expérience utilisateur était sensiblement dégradée et cela se traduit visiblement dans les chiffres, surtout en vitesse d’écriture.

Une fois partiellement vidé, l’ancien SSD SKHynix Gen3 retourne tout près de ses performances maximales – les usagers devraient être conscients de ce genre de dégradation et de ne pas attendre pour faire du propre ou s’offrir une expansion de capacité avant de ne s’approcher des limites critiques de leurs disques !
Tout neuf, tout frais
Comparons dès a présent ces résultats avec ceux de notre unité Corsair à peine installée. NB nous sommes toujours dans le cas d’un disque primaire sur lequel tourne le système d’exploitation.

On observe une augmentation notoire des performances qui confortent les caractéristiques techniques annoncées par Corsair. Nous passons bien sur d’un dispositif Gen3 à un Gen4, et les taux de transfert rencontrés sont en ligne avec les maximums théoriques du contrôleur Phison E21T – juste en dessous des 5000Mo/s. Au total nous avons donc gagné plus de 40% en lecture séquentielle et plus ou moins triplé nos écritures séquentielles. Nous avons surtout quadruplé notre capacité de stockage à 1To.
Nous laissons notre usager dans l’extase, et en tirons nos conclusions…
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Étant une installation sur site pour un tiers qui souffrait de performances dégradées et d’un manque urgent de capacité de stockage, nous n’avons pas poussé les tests plus profondément – tel que la baisse de performance sur les transferts longs, tests thermiques ou de consommation d’énergie, ou des comparaisons plus larges avec d’autres SSD.
L’usage visé de ces stockages est pleinement en tant que disque unique dans un dispositif ultra-compacte. Ses performances réelles dépendront donc largement de l’installation spécifique de chaque usager, rendant des tests théoriques entièrement caducs. Et on a envie de vous dire, poliment bien sûr : « on s’en fout » car tout SSD qui mettra en œuvre le contrôleur Phison E21T avec du NAND de qualité aura des performances égales ou pour le moins indifférenciables. Nous revisiterons ce SSD plus en profondeur quand des alternatives réelles existent !
Le Graal
Le simple fait que ce dispositif existe, a ce prix, et se comporte comme prévu sera très bien accueilli par les millions d’acheteurs éclairés de SteamDeck, ROG Ally, Surface Pro et bien d’autres.

Corsair est arrivé un peu tardivement sur ce segment, mais avec une proposition sûre de secouer un marché en tel besoin d’innovation compétitive. Nous espérons que Sabrent répliquera en baissant rapidement le prix de son modèle équivalent, et que de nouveaux entrants tel TeamGroup arrivent avec des propositions compétitives, dont des modèles de 2To et 4To pour exploiter à fond ce contrôleur bijou Phison. Nous avons hâte de les tester !
Foncez !
En attendant, pour quiconque est à la recherche d’un de ces stockages diminutifs, nous ne pouvons que vivement recommander cette proposition gagnante de Corsair (en les applaudissant fortement au passage pour avoir secoué le marché) et vous suggérons d’en trouver un rapidement !
Corsair MP600 Mini 1TB 2230 NMVe SSD
On a aimé :
- Le prix au Go actuellement très largement imbattable
- Les performances solides, idoines pour son usage visé
- La garantie
On aurait aimé :
- Une plus grande disponibilité rapide dans les marchés majeurs par le biais de revendeurs indirects habituels tel Amazon etc.
- Que les capacités de stockage plus grandes soient rapidement disponibles
- Que Corsair traduise le guide d’installation dans toutes les langues de leurs sites
- Une compétition accrue d’autres fabricants pour d’avantage améliorer les offres
Pour conclure : ce Corsair MP600 Mini est un vif petit disque qui perf aussi bien que quelconque autre option disponible, assorti d’une bonne garantie, issu d’un fabricant respectable, a un prix sensiblement plus bas. Seuls les délais de livraison actuellement prolongés pourraient justifier l’achat d’autre chose en ce moment – ça se vendra comme des petits pains…





Vous oubliez de mentionner Western Digital WD SN740 et Crucial aussi.
« NB il est disponible sur site Corsair USA pour la somme modique de $105! » Et les frais de douanes ?
Merci bien, nous tacherons à mettre la main dessus bientôt et faire un comparatif, une fois que les TeamGroup annoncés sont aussi disponibles 🙂
Pour ce qui est des frais de douane, le prix aux USA était mentionné surtout pour nos lecteurs aux Amériques, cela n’aurait pas de sens pour un acheteur en Europe – d’où le lien direct fourni pour Corsair France!
Merci pour le test. Pensez vous qu’à l’avenir les constructeurs partent plutôt sur ce format pour en mettre un maximum sur le matériel ciblé. Ex. 4 de ce format sur cm itx ?
Ce format n’embarquant pas de cache, et aucun contrôleur qui puisse y être installé n’étant pour le moment capable d’atteindre les vitesses maximales de l’interface PCIe4x4, je pense que cela restera pour le moment un choix « forcé » pour ceux qui n’ont que la place pour le 2230. Mais cela ne tardera sûrement pas trop!