[nextpage title= »Présentation du ROG Kithara »]Asus n’est pas le premier constructeur à tenter le grand écart entre les mondes gaming et audiophile. Mais avec le ROG Kithara, il s’allie à l’un des plus grands noms de l’audiophile grand public : Hifiman. Sur le papier, mutualiser l’expertise audio de Hifiman avec l’expérience gaming d’Asus a tout pour plaire. Nous sommes en droit d’espérer un produit remarquable. Qu’en est-il en pratique ?
Asus ROG Kithara : la promesse
En s’associant avec Hifiman, marque réputée pour ses transducteurs planaires magnétiques, Asus promet l’intégration de cette technologie au meilleur niveau. Les casques orthodynamiques (planaires magnétiques), dont Hifiman a fait sa spécialité, se distinguent des casques dynamiques, majoritaires dans le monde gaming.
Les casques dynamiques reposent sur une membrane attachée à une bobine mobile. Cette membrane est mise en mouvement par un champ magnétique, lui-même généré par la circulation d’un courant dans la bobine. Dans un casque planaire, la membrane, beaucoup plus fine, est placée entre des aimants. Ils permettent théoriquement une sollicitation plus uniforme de la membrane et une réponse plus rapide et précise sur une large gamme de fréquence.
En pratique, on attend de ce type de casques :
Graves plus secs, incursions faciles dans le sous-grave
Mediums très détaillés, excellents sur les voix
Aigus précis, mais parfois plats
Grande largeur de scène, surtout pour les modèles ouverts (comme le Kithara)
Alimentation délicate : faible impédance, mais sensibilité très basse. Le choix de la source est souvent de la plus haute importance
Poids élevé
Prix élevé
Ces règles générales souffrent beaucoup d’exceptions, surtout dans les domaines haut et très haut de gamme.
Spécifications du ROG Kithara
Le Kithara est caractérisé par :
Impédance de 16 ohms, ce qui le rend théoriquement facile à driver (mais on gardera les nuances vues plus haut à l’esprit)
Réponse en fréquence 8 Hz – 55 kHz, dans la moyenne des plages de fréquences chez Hifiman
Format ouvert
Poids 420 g
Prix 320 €
Transducteurs planaires magnétiques 100 mm Stealth Magnet « optimisés par ROG »
Nos recherches ne permettent pas d’affirmer si ces transducteurs ont été développés spécifiquement pour le Kithara ou s’ils sont issus d’un modèle Hifiman existant. Les deux marques communiquent peu sur le sujet. On retrouve plusieurs modèles aux dimensions proches (drivers oblongues 130 x 100 mm), notamment le Ananda Stealth Magnet qui annonce les mêmes impédance et réponse fréquentielle. En tout cas, ils bénéficient de la récente technologie Stealth Magnet de Hifiman. Ce type d’aimant, dont la forme limite les perturbations de l’onde sonore, a fait ses preuves et équipe des modèles haut de gamme.
Pour une fois, ce produit ROG ne semble pas excessivement cher sur le marché. En effet, le Hifiman Ananda Stealth Magnet peut être trouvé à 260 €, mais avec un bundle bien moins complet, moins d’options de connexion, et sans micro.
Asus ROG Kithara : bundle
Le ROG Kithara est livré dans une boîte en carton reprenant les codes esthétiques habituels de la gamme. Au déballage, le bundle impressionne et affirme immédiatement les ambitions audiophiles du produit. Sous une fiche présentant la réponse en fréquence du casque, nous trouvons une protection mousse qui accueille les accessoires :
Fiche 6.35 mm asymétrique
Fiche 4.4 mm symétrique
Fiche 3.5 mm asymétrique
Câble symétrique commun avec embout interchangeable
Câble avec microphone et commandes intégrées 1,8 m
Adaptateur USB-C
Coussins velours (en plus des simili-cuirs installés sur le casque)
Notice et certificats
Nous avons rarement vu un équipement aussi complet, même sur des modèles bien plus chers. Notons toutefois l’absence de sacoche de transport.
[nextpage title= »Connexion et confort »]Comment connecter le ROG Kithara
Face aux multiples solutions offertes, détaillons et hiérarchisons les options de connexion. Rappelons que ce casque ne propose pas de connexion sans fil. De plus, même en USB, aucun logiciel n’est requis.
La plus courante : 3.5 mm
C’est la connexion « jack » la plus répandue. On la retrouve sur une grande majorité des PC, consoles et autres dispositifs. Elle a donc l’avantage d’une quasi-universalité. En revanche, ces prises dissimulent parfois des alimentations peu optimisées pour l’audio. Par exemple, sur PC, tout dépendra de la qualité de la carte son intégrée.
DAC ou amplificateur externe : 6.35 ou 4.4 mm
Pour ce type de casque, même avec une faible impédance, c’est l’option recommandée. Un bon convertisseur numérique/analogique (DAC) disposant d’une réserve de puissance confortable, voir un amplificateur dédié, permettront de profiter du plein potentiel du Kithara. On adaptera le connecteur en fonction du DAC. Si ce dernier dispose d’une sortie symétrique 4.4 mm, elle sera à privilégier. En effet, outre la puissance supérieure, nous profiterons d’un meilleur rapport signal/bruit et meilleure séparation des canaux. Les casques planaires bénéficient généralement de ces avantages.
Adaptateur USB-C Asus
Une excellente option plug & play sur le papier. Cet adaptateur USB-C vers double jack 3.5 mm, inclus dans le bundle, n’est rien de moins qu’un DAC et un ADC (Audio to DigitalConverter). Ainsi, il permet d’alimenter le casque sans achat de matériel supplémentaire, et permet en plus le raccordement du microphone (peu de DAC audiophiles prennent en charge un microphone). Pratique, à condition que la qualité et la puissance soient au rendez-vous. Il est petit, mais des modèles comme le AudioQuest Dragonfly ont prouvé qu’il était possible d’obtenir de bons résultats avec un encombrement maîtrisé.
Et le microphone ?
Le microphone est installé sur un câble dédié, muni de commandes de volume. Il s’agit en fait de deux câbles pour séparation des signaux audio et micro, très bon point. Pour les connecter, trois options s’offrent à nous :
Directement sur les sorties audio et micro du PC. Nous retrouvons les avantages et inconvénients vus plus haut
Via le dongle USB-C, solution la plus simple et efficace
Audio sur le DAC externe et microphone sur le PC, très peu pratique, d’autant que le câble n’est pas long (1,8 m)
Asus ROG Kithara : confort
Le ROG Kithara adopte le système de bandeau et arceau retrouvé sur une bonne partie de la gamme Hifiman. Un arceau fixe en métal supporte un bandeau mobile en similicuir. Cette disposition est efficace pour répartir les 420 g de notre casque. Le poids ne se fait pas sentir. Toutefois, le réglage du bandeau manque de fermeté et a tendance à se dérégler lorsqu’on enfile ou retire le casque. Le bandeau unique des précédentes générations Hifiman nous semblait plus efficace et tout aussi confortable.
Sur la tête, le casque est extrêmement confortable. Il n’applique aucune pression désagréable autour des oreilles ou sur le haut du crâne. Les longues sessions de jeu ou d’écoute ne seront pas un problème. Deux types d’oreillettes sont fournis (similicuir et tissu). Le choix dépendra des goûts de chacun, car elles sont d’un même niveau de confort. Les porteurs de lunettes privilégieront probablement le tissu. Nous aurons tendance à choisir les modèles similicuir, en raison de leur impact sur la signature sonore. Nous détaillerons ce point plus bas.
Le Kithara ne propose pas de connexion sans fil. Le choix du câble est donc important. Bonne nouvelle, le câble Hifi torsadé et le câble gaming tressé sont tous deux de bonne facture et, surtout, ne provoque aucun bruit parasite lors du contact avec le bureau ou un vêtement. Cependant, le câble avec microphone aurait pu être plus long. Selon la disposition du setup, il pourra être difficile de le connecter au port microphone du PC. Dans le cas d’une utilisation Hifi, il est parfaitement envisageable de remplacer le câble d’origine par un autre modèle. La connectique double jack 3.5 mm côté casque est un standard très répandu. En revanche, pour bénéficier du microphone, il faudra utiliser le câble fourni par Asus.
[nextpage title= »Ecoute musicale »]Le casque Asus ROG entend jouer sur deux tableaux : écoute musicale Hifi et gaming à tendance compétitive. Nous l’avons donc testé dans ces deux usages bien distincts. Nous l’avons également comparé à un panel de casques issus des deux mondes.
Asus ROG Kithara : écoute Hifi
Pour l’écoute musicale, nous adoptons le setup suivant :
Serveur Roon hébergé localement
Tous les titres utilisés sont dans un format « sans perte », généralement FLAC ou ALAC
ifi ZEN DAC connecté en USB au PC de test
Câble Hifi du ROG Kithara avec embout 4.4 mm raccordé sur la sortie symétrique du Zen DAC
Aucun equalizer appliqué
Notre playlist de test incorpore des morceaux de différents genres musicaux pour couvrir une large gamme de fréquences et sollicitations du casque :
Kae Tempest – Europe is lost
TimeKops – Tears in the rain
Triplego – Noir carbone
Metallica – Atlas, rise !
Matt Elliott – C.F. Bundy
Nigel Kennedy and the Kroke Band – Adje Jano
Philip Glass – Metamorphosis : One
Orange Blossom – Ya Sidi
Nick Cave and the Bad Seeds – The mercy seat (live from KCRW)
The Dave Brubeck Quartet – Take five
Calvin Russel – Crossroad
Enfin, nous comparons le ROG Kithara avec :
Hifiman Edition XS
Hifiman He-R9
Audeze Penrose
Sennheiser HD598
Les basses
Le ROG Kithara propose d’excellentes basses. Elles sont précises et remarquablement denses pour un casque planaire de cette gamme tarifaire. Même sur un morceau exigeant dans ce domaine fréquentiel, comme « Noir Carbone » de Triplego, elles ne débordent jamais vers les mediums ni ne les étouffent. On sent tout de même une volonté de flatter ou impressionner avec une emphase un peu exagérée vers le bas du spectre. Loin de la représentation chirurgicale d’un Sennheiser HD598, le Kithara affirme son identité, mais le fait avec suffisamment de précision. Il ne tombe pas dans la caricature trop souvent rencontrée dans le domaine et tire parti de ses transducteurs magnétiques pour délivrer des basses impactantes, sans être envahissantes. Et il le fait sans être trop gourmand en puissance. Nous évoluons entre 20 et 30 % de puissance sur le Zen DAC.
Branché directement à la sortie 3.5 mm de notre PC, il s’en sort, mais nous notons une nette perte de cohérence et d’impact. L’écoute reste agréable, mais une source dédiée est presque indispensable. C’est tout particulièrement flagrant sur le titre « Atlas, rise ! » de Metallica. Cette remarque s’applique également à l’alimentation par le dongle USB-C fourni.
Les mediums
Dans ce domaine complexe, incluant la majorité des performances vocales, le Kithara brille à nouveau. Rien à lui reprocher ici. L’ensemble des instruments à cordes est bien distinct et intelligible. Les voix masculines et féminines sont bien définies et émergent sans difficulté du mix. À ce titre, le morceau « Europe is lost » de Kae Tempest permet d’apprécier la constance de notre casque. L’écoute de « Metamorphosis : One » et « C.F. Bundy » confirme sa versatilité. Et le morceau live de Nick Cave termine de convaincre. Ce titre nous permet d’apprécier pleinement la largeur de la scène sonore offerte par le casque ouvert et les transducteurs planaires. On a vu mieux dans le genre, mais dans des gammes de prix bien supérieures.
Nous le pressentions pendant l’analyse des basses fréquences, et le confirmons maintenant : les oreillettes en tissu ont une légère tendance à étouffer la scène. L’ensemble perd en dimension, et même légèrement en clarté, comparativement aux oreillettes en similicuir. Rien de rédhibitoire, mais la différence est audible. Ce constat dépend fortement de la physionomie de chacun et doit donc être modéré. De notre côté, nous utiliserons les pads similicuir pour le reste du test. Ils nous semblent d’ailleurs plus confortables. Les modèles tissus peuvent chauffer pendant les longues sessions.
Les aigus
À nouveau, le Kithara se positionne fermement. Il montre une franche personnalité dans les aigus. Sur certains morceaux, notamment en présence de voix, c’est un succès. L’emphase appuyée de certaines fréquences hautes fait merveille et contribue à la cohérence d’ensemble. Mais, parfois et surtout dans les sonorités Jazz, le Kithara épuise. Ayant perçu cette faiblesse à l’écoute de « Take Five », nous avons écouté l’intégralité de l’album de Dave Brubeck. Ce fut une écoute agréable, mais éprouvante sur la fin. L’agressivité perçue vers le haut du domaine contraint à baisser légèrement le volume global, au détriment des subtilités du mix. Il est possible qu’une source plus « chaude » (amplificateur à lampes) permettent de corriger cette tendance. En comparaison, un titre moins exigeant (plus linéaire) comme « Crossroad », passe à merveille au travers du prisme Kithara. La voix et la guitare sont retranscrites avec précision et un soupçon d’énergie non caricatural.
Sur la majorité des morceaux, le Kithara délivre une superbe performance, bien meilleure que ce que proposent les casques gaming en général.
Remarques générales
L’Asus ROG Kithara est donc un casque polyvalent pour l’écoute musicale. Il délivre le niveau de performance attendu d’un modèle planaire à ce prix, avec une vraie personnalité. Les choix de tuning ne feront pas l’unanimité, mais sauront satisfaire la majorité des utilisateurs. Les remarques faites plus haut peuvent être assez facilement corrigées par un equalizer bien réglé. Nous recommandons vivement l’utilisation d’une source dédiée. Il donnera de bons résultats en connexion 3.5 mm directe, mais ne délivrera pas son plein potentiel. Nul besoin d’une source très haut de gamme ou d’un amplificateur surpuissant : une simple carte son dédiée (si possible munie d’une sortie symétrique) fera l’affaire.
Le Kithara est un casque ouvert. Il n’offre donc aucune isolation phonique. Vous entendez l’extérieur et l’extérieur vous entend. Il ne se destine donc pas aux environnements bruyants ou partagés.
Comparaisons subjectives
Nous avons comparé le Kithara à quelques autres casques.
Hifiman He-R9
Le Hifiman He-R9 ne peut lutter avec le Kithara. Il est battu à plate couture dans tous les domaines. Casque fermé, son seul atout est le supplément d’isolation phonique qu’il offre. Pour le reste, il souffre d’une scène sonore qui parait minimaliste en comparaison de celle du casque ROG. Ses basses très prononcées semblent vulgaires face à la précision de son concurrent. Pour résumer, il n’y a pas match.
Sennheiser HD598
Ici, le constat est plus nuancé. De manière générale, le Kithara domine, impressionne même. Le HD598 peine à offrir la même profondeur que son adversaire tout en étant beaucoup plus exigeant en termes de puissance. Mais, s’il est un atout qu’on ne peut lui enlever, c’est la précision chirurgicale de sa reproduction. Sennheiser ne cherche pas à flatter l’auditeur, ni à booster artificiellement un mauvais enregistrement. Il restitue. Point. En ce sens, il conviendra mieux à certains usages ou utilisateurs. Par exemple, la fatigue que nous ressentions à l’écoute de « Take Five » sur le Kithara n’est pas retrouvée avec le HD598.
Audeze Penrose
Le Penrose est un casque fermé, sans fil. Comme le Kithara, il possède des transducteurs planaires et un micro. Il tente lui aussi, avec une approche différente, de concilier gaming et Hifi. Fidèle à la signature Audeze, le Penrose ne prétend à aucune forme de neutralité. Il impressionne autant qu’il fatigue. D’autant qu’il est peu confortable. Les oreillettes exercent une pression non négligeable sur le crâne et le poids se fait sentir. Il apporte toutefois le « sans fil » grâce à un dongle USB ou au Bluetooth. Une approche différente et quelques défauts pénibles, le Penrose perd globalement le match.
Hifiman Edition XS
Comme prévu, c’est bien au sein de la gamme même d’Hifiman que se situe la principale concurrence du ROG Kithara. Notre vénérable Edition XS n’a pas à rougir face au nouveau venu. Il propose une signature un peu différente, moins flatteuse, plus analytique, qui saura séduire un large public. Avis absolument subjectif, nous préférons le confort de port de son arceau unique. Entre ces deux casques, pas de net gagnant, plutôt une affaire de goût et de préférence personnelle. La nôtre va à l’Edition XS, décidément indémodable et polyvalent… mais il n’a pas de micro. On en reparle juste après.
[nextpage title= »Gaming et micro »]
Asus ROG Kithara : gaming
Le ROG Kithara compte bien faire honneur à la famille gaming d’Asus et briller en jeu. La communication de la marque semble le destiner aux jeux compétitifs. Sa réponse rapide et sa précision lui permettraient d’offrir une perception précise de la scène sonore. Pour vérifier cette assertion, nous l’avons testé sur un panel de jeux compétitifs et solo :
Call of Duty : Warzone
Valorant
Subnautica
Cyberpunk 2077
Death Stranding
Metro 2033
Pour les tests gaming, le casque est raccordé en USB-C au PC via le dongle Asus. En effet, peu de DAC externes possèdent une sortie microphone. Ce setup correspond donc au scénario d’utilisation le plus plausible pour bénéficier du microphone.
Jeux compétitifs
Dans ce type de jeu, la spatialisation et la capacité d’un casque à retranscrire précisément certains sons, comme les bruits de pas, fait toute la différence. Côté répartition spatiale, c’est parfait. Le Kithara n’est jamais pris en défaut et se démarque favorablement des casques gaming généralistes.
En revanche, la promesse de domination par la précision des bruits de pas et autres sons caractéristiques semble quelque peu exagérée. Le casque ROG n’a pas à rougir et rend une performance honorable, mais ne se démarque pas franchement de casques beaucoup moins chers. Surtout, sa conception ouverte et son orientation Hifi le desservent. Des modèles dédiés au jeu et réglés pour briller dans cette utilisation spécifique le détrôneront sans difficulté.
Jeux solos
Redécouvrir Subnautica avec un casque de cette envergure est un vrai bonheur. La sensation d’immersion est parfaite. Sur Death Stranding, il brille encore plus. Le jeu bénéficie d’une bande son travaillée et offre probablement le terrain de jeu idéal au ROG Kithara, lui donnant le loisir d’exploiter sa double identité au maximum.
Il en va de même pour les autres jeux solos testés. Dans tous les cas l’expérience est plaisante. Toutefois, la tentation est grande de reconnecter le casque au DAC externe quand le jeu n’utilise pas le microphone. Le DAC USB-C Asus limite décidément les performances du Kithara.
Le microphone
Le microphone intégré est l’un des principaux atouts du Kithara au moment de se confronter aux casques Hifi standards. Nous l’avons ici comparé à un microphone USB entrée/milieu de gamme, le Sennheiser Profile.
Test normalisé microphone ROG KITHARA
Il ne brille pas, mais ne démérite pas non plus, venant se placer dans la bonne moyenne des microphones intégrés aux casques gaming. Il fait même globalement mieux que le Sennheiser Profile avec un souffle moins prononcé et une meilleure atténuation des bruits ambiants.
Test normalisé microphone SENNHEISER PROFILE
Il est à noter que les signaux audio et micro transitent par des câbles séparés jusqu’au casque, un très bon point.
[nextpage title= »Verdict »]
Asus ROG Kithara : verdict
Le casque Asus ROG Kithara tente un impossible grand écart entre les mondes Hifi et gaming. Deux univers aux attentes et besoins parfois radicalement opposés. Et il a de sérieux atouts dans sa manche pour y parvenir.
À l’exception de ses aigus parfois forcés, l’écoute musicale est toujours agréable et représentative de ce que les casques planaires de sa catégorie ont à offrir. Il peut être alimenté par une simple prise jack 3.5 mm (ordinateur portable, console, etc.), mais gagne nettement en prestance avec une source dédiée.
Les jeux solos sont aussi un réel plaisir grâce à la largeur de sa scène sonore. Il brille moins intensément en jeux compétitifs, catégorie qui lui permet toutefois d’utiliser le microphone intégré, un vrai plus pour les joueurs.
Le bilan est donc globalement très bon, mais soulève une question : à qui s’adresse le Kithara ?
Pour qui ?
L’association d’Asus et Hifiman, si pertinente soit-elle, place le Kithara en concurrence directe avec les modèles de son partenaire. Il est ainsi possible de se procurer le Ananda Stealth Magnet, aux performances très similaires, pour 259 €. Le Hifiman Edition XS est, lui, à 219 €. Comment justifier les 319 € du modèle Asus ?
En jeu, la suprématie promise en compétitif restera un argument marketing, mais on retiendra une superbe immersion pour les jeux solos. Là encore, les modèles Hifiman cités plus haut offriront la même chose.
Reste au ROG Kithara un argument majeur : il fait tout. En sortie de boîte, il propose une multitude de connectiques, des accessoires, un microphone de bonne qualité, un DAC USB-C. Il peut donc être le choix idéal pour qui souhaite investir dans son setup audio, mais ne possède encore aucun composant. Sous cet angle, il est moins cher. En effet, l’achat d’une carte son, d’un microphone USB et d’un casque planaire dépassera le budget de 319 €. Il est également une excellente entrée en matière dans le monde Hifi pour les joueurs curieux.
Les joueurs compétitifs passeront leur tour pour se concentrer sur des modèles dédiés à l’exigence de leur gameplay. De même, les amateurs de Hifi déjà équipés de sources externes performantes préfèreront un modèle Hifiman moins cher, aux réglages souvent moins flatteurs, mais plus analytiques.
Ceux pour qui la connexion sans fil est indispensable pourront considérer le Audeze Maxwell, dont la seconde version vient d’être annoncée. Il tente lui aussi de se placer en chaînon manquant Hifi/gaming. Il est généralement bien plus cher que le ROG Kithara.
Conclusion
Asus et Hifiman signent une collaboration réussie. Le ROG Kithara permet aux joueurs de faire un premier pas vers le monde Hifi et le fait avec sérieux. Hélas pour lui, sa concurrence principale vient directement des autres modèles Hifiman. Reste à savoir s’il saura trouver son public, primo-accédant à ce type de modèle en quête d’une solution plug & play et ne possédant pas encore de setup audio dédié.