Accueil Actualités Actu Hardware Polémique ? Dans les jeux, un SSD PCIe 5.0 n’apporterait rien par...

Polémique ? Dans les jeux, un SSD PCIe 5.0 n’apporterait rien par rapport à un SSD SATA

0
Vidéos overclocking.com

Pour tous ceux qui fulminent devant la lenteur de leur PC à peine mis en route, un SSD rapide est le premier réflexe. Si on suit cette logique, les SSD en PCIe sont les plus performants, donc les plus à même de redonner de l’air à votre machine. Sauf que dans les jeux, les choses sont clairement différentes. Si vous suivez nos tests de SSD, vous avez déjà remarqué que les différences entre un bon SSD PCIe 4.0 et un 5.0 sont à chercher avec la loupe. Mais certains ont décidé de pousser plus loin les investigations.

SSD

Sur le papier, les SSD PCIe 5.0 affichent aujourd’hui des performances théoriques très supérieures à celles des anciens modèles SATA ou PCIe 3.0. Mais la question qui nous intéresse aujourd’hui est de savoir si cette puissance supplémentaire améliore réellement les performances d’un PC gaming. Pour le vérifier, quatre SSD de générations différentes ont été confrontés dans onze jeux récents. Le Samsung 870 EVO représente l’interface SATA III. L’ADATA XPG SX8200 Pro utilise le PCIe 3.0, le Sabrent Rocket 4 Plus-G passe au PCIe 4.0, tandis que le Crucial T700 représente le PCIe 5.0. Au moment du test, un relevé des prix a été effectué. L’idée était donc de voir si un “gros” SSD de dernière génération était un investissement judicieux pour un joueur, à l’heure où il faut composer avec l’explosion des coûts.

SSD PCIe 5.0 vs les autres : un arbitrage financier à considérer… surtout en ce moment

Le protocole est beaucoup plus intéressant. La plateforme associe un Ryzen 7 9800X3D à une GeForce RTX 5090, avec seulement 16 Go de DDR5-6000 CL30. Cette quantité de mémoire a volontairement été limitée afin d’obliger les jeux à solliciter davantage le stockage. Les mesures ont été réalisées directement pendant les parties, avec les réglages graphiques poussés au maximum, et non avec les benchmarks intégrés. HWiNFO a servi à surveiller l’activité des SSD. L’ensemble fonctionnait sous Windows 11 25H2, avec le pilote Nvidia 610.62.

Jeu testé SSD SATA SSD PCIe 3.0 SSD PCIe 4.0 SSD PCIe 5.0 Impact sur les performances
Forspoken 565 Mo/s 1 656 Mo/s 2 886 Mo/s 2 901 Mo/s Gain important en 1 % lows avec les SSD PCIe
Alan Wake 2 572 Mo/s 1 435 Mo/s 3 045 Mo/s 5 128 Mo/s Aucune différence notable sur les FPS
Ratchet & Clank: Rift Apart 532 Mo/s 1 462 Mo/s 1 899 Mo/s 2 234 Mo/s Transitions plus rapides avec les SSD PCIe
Spider-Man 2 161 Mo/s 194 Mo/s 187 Mo/s 198 Mo/s Performances pratiquement identiques
Starfield 455 Mo/s 704 Mo/s 813 Mo/s 934 Mo/s Aucun gain significatif
DOOM: The Dark Ages 192 Mo/s 245 Mo/s 238 Mo/s 287 Mo/s Aucun gain significatif
Dead Space Remake 560 Mo/s 1 192 Mo/s 998 Mo/s 1 299 Mo/s Aucun gain significatif
Cyberpunk 2077 121 Mo/s 126 Mo/s 134 Mo/s 111 Mo/s Aucun gain significatif
The Elder Scrolls IV: Oblivion Remastered 312 Mo/s 379 Mo/s 344 Mo/s 433 Mo/s Aucun gain significatif
007 First Light 169 Mo/s 193 Mo/s 170 Mo/s 202 Mo/s Aucun gain significatif
F1 25 554 Mo/s 541 Mo/s 523 Mo/s 602 Mo/s Performances pratiquement identiques

L’analyse des données montre surtout l’écart considérable entre les débits mesurés et leur effet réel sur les FPS.

Alan Wake 2 constitue un excellent exemple. En 4K, le SSD PCIe 5.0 atteint un pic de 5,1 Go/s, alors que le SATA reste autour de 572 Mo/s. Malgré une bande passante presque neuf fois supérieure, les performances en jeu restent identiques. Le débit maximal d’un SSD ressemble ici à la puissance d’un moteur installé dans une voiture coincée dans les embouteillages : la réserve existe, mais le logiciel ne lui permet pas de s’exprimer. La raison vient notamment du fonctionnement des moteurs de jeu. Ils utilisent principalement des lectures aléatoires pour transférer les textures et les autres ressources vers la mémoire, alors que les débits spectaculaires annoncés par les fabricants correspondent généralement aux lectures séquentielles. Les jeux modernes travaillent souvent avec des blocs de 32 ou 64 Kio, mais avec des profondeurs de file relativement faibles. Ils sont donc rarement capables de saturer la bande passante des meilleurs SSD NVMe. Microsoft recommande justement des blocs d’au moins 32 Kio et suffisamment de requêtes simultanées pour profiter efficacement de DirectStorage. Forspoken montre ce qui peut se produire lorsque cette technologie est mieux exploitée. Passer du SATA à un SSD PCIe améliore ses 1 % lows de 22 % en 1080p, 51 % en 1440p et 39 % en 4K. En revanche, pratiquement aucune différence n’apparaît ensuite entre PCIe 3.0, PCIe 4.0 et PCIe 5.0. Ratchet & Clank: Rift Apart représente l’autre exception. Pendant les transitions entre les portails, les SSD PCIe permettent de réduire certaines séquences d’environ deux à trois secondes et améliorent les 1 % lows d’environ 38 % en 4K. Une fois ces transitions terminées, l’écart disparaît. Même F1 25, qui doit continuellement charger les éléments du circuit à grande vitesse, plafonne à 602 Mo/s avec le SSD PCIe 5.0 en 4K. Ce niveau reste insuffisant pour mettre réellement un SSD SATA en difficulté. De plus, aucun retard supplémentaire dans l’affichage des textures, aucun pop-in particulier et aucun défaut visuel provoqué par le SATA n’ont été observés dans les onze jeux.

Conclusion : les moteurs de jeu, même les plus récents, n’exploitent pas les débits des dernières générations de SSD

Pour conclure, acheter un SSD PCIe 5.0 uniquement dans l’objectif de gagner des FPS n’est actuellement pas recommandé. Sur les onze jeux étudiés, seuls Forspoken et Ratchet & Clank: Rift Apart présentent des différences mesurables entre SATA et PCIe, et ces gains dépendent de situations particulières. Surtout, aucune amélioration significative n’est constatée entre les trois générations de SSD NVMe testées. Un joueur disposant déjà d’un bon SSD PCIe 3.0 ou PCIe 4.0 n’a donc pratiquement aucun intérêt à passer au PCIe 5.0 pour améliorer son framerate. Même le SATA reste étonnamment solide pendant le gameplay. Cela ne rend évidemment pas le PCIe 5.0 inutile. Ses débits élevés peuvent réduire certains temps de chargement, accélérer les transferts de fichiers lourds et apporter un bénéfice important dans les applications professionnelles. Il constitue également une solution plus pérenne si les futurs jeux exploitent beaucoup plus intensivement DirectStorage et la décompression GPU. Aujourd’hui cependant, pour une configuration essentiellement gaming, mieux vaut privilégier la capacité, le prix, l’endurance et la qualité générale du SSD. Un SSD NVMe PCIe 4.0 correctement dimensionné représente ainsi un choix beaucoup plus rationnel. Le PCIe 5.0 possède une énorme réserve de performances, mais les moteurs de jeu actuels n’ouvrent encore que très rarement les vannes.