Montage et verdict
Installation du monoblock
L’installation du monoblock Alphacool pour la carte ASUS ROG STRIX X870-F Wifi est un jeu d’enfant. Signalons un mode d’emploi précis et détaillé. Nous détaillons l’opération dans la vidéo ci-dessous. Les principales étapes sont :
- Installation du CPU
- Installation du SSD dans le premier slot sans remettre son heatsink en place
- Retrait de l’ILM et des fixations cooler d’origine
- Retrait des heatsinks VRM et de l’IO cover
- Application pâte thermique et pads thermiques (fournis et pré-découpés)
- Fixation de l’IO cover d’origine sur le monoblock
- Mise en place et serrage du monoblock
Le résultat est saisissant et rappelle les grandes heures des monoblocks dans le watercooling custom. Le block s’intègre parfaitement à l’ensemble de la carte. Nous oserons même affirmer qu’il ajoute un vrai supplément d’âme à ce modèle qui peinait à trouver sa place dans la gamme ASUS.
Les radiateurs : pas si simple
Le design FreeFrom 2.0 de Cooler Master se démarque, entre autres, par son système de fixation des radiateurs/ventilateurs. Il offre une grande latitude de réglage dans deux dimensions, mais il y parvient en perçant une multitude de trous dans la structure en aluminium, là où la majorité des marques préfèrent installer des rails. Ce choix rend l’installation relativement longue et fastidieuse, surtout lorsqu’on souhaite tenter plusieurs positionnements différents, plusieurs radiateurs, etc. Il est pourtant, à notre avis, un excellent choix in fine. En effet, avantage majeur par rapport aux rails, une fois les composants installés, ils sont solidement fixés, parfaitement alignés, et ne bougeront plus d’un millimètre, même pendant le transport. C’est un atout majeur pour la conception d’une boucle custom avec des tubes rigides.
Ainsi, une fois les premiers tâtonnements réalisés, nous avons le plaisir de trouver nos radiateurs haut et bas parfaitement alignés. Nous les avions d’ailleurs connectés par un unique tube rigide dans un premier temps (option non retenue pour la boucle finale).
Epaisseur maximale
Un mot sur l’épaisseur. L’ensemble radiateur + ventilateurs ne doit pas dépasser 75 mm. Dans les faits, on tentera de se limiter à 70 mm (c’est notre cas ici), surtout si les radiateurs sont installés côté chambre avant. Avec 75 mm, le risque de contact avec les câbles CPU en haut et la carte graphique en bas est grand. D’ailleurs, nous n’avons pas pu utiliser le riser 5.0 fourni par Cooler Master. Trop épais en partie basse, il entrait en contact avec les ventilateurs. Nous l’avons remplacé par un modèle ASUS moins imposant.
Dans l’ensemble, l’installation des radiateurs n’est pas une partie de plaisir. Entre montage/démontage long, accessibilité restreinte en haut comme en bas (à cause de la structure centrale principalement) et limites en épaisseur, il faut jongler avec les contraintes. Un comble pour un boîtier aussi imposant. En revanche, une fois la configuration idéale trouvée, le résultat est plus que satisfaisant : fixation à toute épreuve, mise en avant showcase des radiateurs, ventilateurs et tubes.
Fittings et tubes : la bonne surprise
Après avoir souffert pour l’installation des radiateurs, nous prenons en main avec soulagement la nouvelle gamme Apex Grip. Il n’y a presque rien à reprocher à ces derniers. La tension des modèles rotatifs est idéale. La bague en caoutchouc est effectivement un atout pour la prise en main et le serrage. Surtout, le dispositif d’étanchéité et de serrage des fittings rigides est parfait. Il inspire confiance et se place d’office parmi les ténors de la catégorie.
S’il fallait chercher des défauts, nous noterons qu’ils font partie des modèles les plus larges du marché. Nous les déconseillerons clairement pour les builds SFF. On leur préfèrera alors la gamme Thermal Grizzly, bien plus adapté. À titre de comparaison, les bagues de serrage Apex Grip sont aussi larges que celles des modèles souples 10/16 chez Optimus, et les offsets double-rotatifs reprennent les dimensions des modèles EKWB nouvelle génération. Enfin, le système de serrage des fittings souples peut se révéler trop agressif selon le type de tubes 10/16 mm choisi : il agrippe alors le tube trop fermement et trop tôt, provoquant sa rotation pendant le serrage de la bague. Une fois le serrage terminé, le tube revient lentement en position initiale… et desserre le fitting côté opposé. Dans ce cas de figure (rare), il faut maintenir le tube en position pendant le serrage.
La boucle custom
Le plan initial incluait deux boucles. Nous prévoyions, en plus de l’Eisbecher, d’ajouter un top-pompe sans réservoir au-dessus de l’alimentation. Finalement, nous choisissons une boucle unique dans un souci de simplicité, mais faisons en sorte de conserver l’option dual loop si l’envie revenait plus tard. Pour ce faire, la chambre arrière ne contient que des tubes souples. En particulier, nous retirons le tube rigide qui reliait les deux radiateurs et le remplaçons par un souple de longueur surdimensionnée. De fait, il suffira de le déconnecter et le brancher à un top pompe pour passer en double boucle, sans même devoir le recouper.
À l’avant, showcase oblige, les tubes seront rigides et ils devront être parfaitement alignés. Cela ne présente pas de difficulté particulière, grâce au positionnement précis des radiateurs via le FreeForm 2.0. Ne reste qu’à assurer la communication entre les chambres avant et arrière. Une nouvelle fois, le MasterFrame 360 Stage LCD nous simplifie la tâche. La plaque en métal décorative qui sépare les chambres peut être retirée sans outil. Nous effectuons donc le perçage en dehors du boîtier, installons des passe-cloisons Alphacool low profile, et la remettons en place.
Résultat : une boucle minimaliste en apparence, mais évolutive au besoin. Nous remplissons le circuit avec un liquide coloré pour faire ressortir les tubes… et nous passons au Stage.
MasterFrame 360 Stage LCD : écran et stage
On aime ou on déteste. Ce stage frontal est en tout cas l’expression ultime du build showcase. Il est ici complété par un écran dont l’usage est simple : il est connecté à la carte mère par un câble USB interne et dispose de boutons physiques sous le châssis. Un raccourci (bouton centre + droit), permet de le passer en mode stockage. Il apparaît alors dans les périphériques USB. Le dossier contient le driver pour la configuration et permet la dépose des fichiers à diffuser (JPG ou MP4). Ensuite, l’écran peut être utilisé en tant que slideshow grâce aux fichiers en question ou comme écran secondaire. La permutation se fait directement par les boutons sous le châssis.
MasterFrame 360 Stage LCD : verdict
Le MasterFrame 360 Stage LCD est un OVNI, même au sein de la gamme FreeForm 2.0. Il souffle le chaud et le froid. Aussi spacieux que contraignant par endroits, aussi satisfaisant que frustrant, il se destine définitivement au modding et nous le recommandons pour cet usage. Mais il requiert un planning précis sur certains points… tout en se montrant permissif à l’extrême par ailleurs.
En soi, il est un produit engagé, qui tente, expérimente et n’a pas peur d’imposer ses contraintes. Il divise, mais a déjà donné naissance à une tendance. En effet, notre dernière expédition à Taiwan pour le Computex 2026 nous a permis de constater que de nombreuses marques s’intéressent au sujet. La majorité des stands “boîtiers” que nous avons visité proposait au moins un modèle muni d’un “stage” destiné à afficher une figurine (voir plusieurs chez certains).
Quant à la nouvelle gamme Alphacool et à son monoblock : c’est un sans faute qui vient confirmer l’élan pris par la marque depuis deux ans. Les univers du modding et du watercooling custom semblent connaître un sursaut de créativité après un long sommeil : à suivre.


