Moonshot AI cherche des clusters Nvidia en Europe pour contourner les sanctions américaines

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Le laboratoire d’intelligence artificielle chinois Moonshot AI, connu pour avoir développé le modèle Kimi, explore activement des options en Europe pour accéder aux dernières puces Nvidia Blackwell. Selon un rapport publié par CNBC, l’entreprise mène actuellement des négociations avec au moins un centre de données européen. L’objectif principal est de louer des clusters disposant de plus de 8 000 cartes graphiques dédiées à l’inférence. Moonshot s’intéresse également à la sécurisation de capacités de calcul pour l’entraînement de ses modèles.

Microsoft data center in Mount Pleasant, Wisconsin

Moonshot AI veut profiter d’une faille

Cette démarche s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes entre Washington et Pékin. Les entreprises chinoises sont officiellement interdites d’acquérir certaines puces Nvidia Blackwell et d’autres modèles offrant des performances équivalentes ou supérieures, car elles contiennent des technologies américaines. Cependant, une faille réglementaire a permis jusqu’à présent à ces acteurs d’accéder au calcul en louant des infrastructures situées à l’étranger (on en parlait déjà en juillet 2024). Le Congrès américain tente actuellement de combler cette brèche avec le Remote Access Security Act, mais la loi doit encore être approuvée par le Sénat et la Maison-Blanche avant d’être effective.

En attendant l’adoption de nouvelles mesures législatives, les laboratoires d’IA chinois exploitent cette faille pour former leurs modèles sur des centres de données étrangers équipés de puces Nvidia. Les États-Unis et la Chine sont engagés dans une course aux armements technologiques, où les modèles à poids ouverts développés en Chine, comme Kimi K3, restent en retrait par rapport aux modèles de pointe américains, mais seulement de quelques mois. Ces modèles chinois présentent l’avantage d’être plus faciles à exécuter et potentiellement moins coûteux à utiliser.

L’approvisionnement en cartes, un sujet complexe 

Malgré les efforts de Washington pour restreindre l’accès au matériel américain, la situation reste complexe. Le président Donald Trump a récemment autorisé l’exportation des puces Nvidia H200 vers la Chine. En réaction, Pékin a pris des mesures pour protéger son industrie locale en bloquant à la frontière l’importation de ces puces H200. Par conséquent, les entreprises chinoises doivent se tourner vers d’autres sources pour accéder aux GPU les plus puissants nécessaires à l’entraînement de leurs modèles.

Le temps dont dispose Moonshot pour sécuriser une capacité de calcul en dehors de la Chine est limité. Nvidia aurait informé ses clients centres de données de limiter leur activité avec les entités chinoises à moins de 49 % de leur capacité totale. Cette directive pourrait signaler une aggravation de la situation et accroître la pression pour accélérer l’adoption du projet de loi bipartisan visant à renforcer les contrôles sur l’accès aux technologies américaines.

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