Test : Redshift Project Canvas

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[nextpage title= »Introduction »]

Le petit monde des châssis PC ouverts connaît un regain d’intérêt depuis quelques années. Séduits par les possibilités créatives que ce format apporte, les créateurs multiplient les propositions, souvent très originales.

En exclusivité pour la France, nous avons eu la chance de suivre et de participer au processus créatif du nouveau modèle de Redshift Project : Canvas. Depuis le premier prototype jusqu’à l’arrivée sur le marché, nous vous partageons notre avis détaillé.

Redshift Project Canvas : les origines

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Redshift Project, c’est en réalité un seul homme, Dmitry. Depuis son workshop, il assure l’entièreté du fonctionnement, du design à l’expédition, en passant par le marketing et les réseaux.

Le Canvas n’est pas son premier boîtier. Après avoir travaillé avec Artesian Builds à une échelle plus importante, il a créé Redshift Project pour développer ses projets en totale autonomie. Nous retiendrons tout particulièrement le Sputnik, et sa superbe façade en noyer.

Cependant, le Canvas marque un tournant. Outre le retour à un format complètement ouvert (déjà expérimenté chez Artesian Builds), il vise un changement d’échelle et une externalisation partielle de la production. Mais n’allons pas imaginer ici une délocalisation asiatique et une production titanesque. L’objectif est fixé à 100 unités et la production restera locale, n’impliquant que des entreprises canadiennes.

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Et pour commencer, il faut un prototype. Passer d’un design 3D à une production réelle, financièrement viable et qualitative est un défi de taille. Dmitry commande donc cinq prototypes et les expédie à des modders afin d’obtenir les premiers retours et déceler les inévitables écueils.

Canvas : le concept

Tentons de résumer ce qui fait l’ADN du Canvas :

  • Châssis ouvert
  • Carte mère ITX (micro-ATX techniquement supportée avec déplacement de l’alimentation)
  • Alimentation SFX placée sous la carte mère et dissimulée derrière le riser GPU
  • GPU vertical (obligatoire)
  • Supports ventilateurs/radiateurs de chaque côté de la structure et au dos
  • Dimensions 219 x 109 x 310 mm

Redshift Project Canvas

Nous comprenons que nous sommes face à un produit minimaliste au potentiel créatif important. Il impose tout de même ses contraintes, et la plupart ne sauront être contournées.

Nous avons reçu un exemplaire du prototype et avons pu le mettre à l’épreuve pendant plusieurs mois avant le lancement de la production.

[nextpage title= »Le prototype : aircooling »]Tout de blanc vêtu, notre prototype ne paye pas de mine. Cette couleur a été choisie pour limiter les coûts de production des premiers exemplaires. Il est important d’insister sur ce travail de recherche et tâtonnement, indispensable à la création d’un nouveau produit. Cette phase a un impact financier non négligeable sur l’entreprise.

Redshift Project Canvas : le prototype

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Le prototype du Canvas est constitué d’une structure principale d’un seul tenant. En option, deux petits pieds imprimés en 3D sont fournis pour stabiliser la structure dans certains cas d’utilisation (nous n’y aurons pas recours). Le bouton d’alimentation (un switch de clavier mécanique) et son support sont intégrés au bundle. Le riser GPU n’est pas fourni à ce stade.

La structure principale

La structure permet la fixation d’une carte mère ITX. Les standoffs sont intégrés au châssis. L’alimentation SFX prend place sous la carte mère. Le support du bouton de démarrage se visse à l’alimentation. Un choix original qui ne sera pas conservé pour la version définitive. Jusqu’ici, nous ne rencontrons aucune difficulté.

Mais les choses se compliquent au moment de l’installation du riser. La géométrie du châssis rend le choix de ce composant primordial. Il doit avoir la longueur, souplesse et orientation parfaite. Nous choisissons un modèle de la marque Linkup pour nos premiers montages et incitons le créateur à fournir le riser avec le produit final.

Redshift Project Canvas

Derrière le chassis, nous découvrons un emplacement 120 mm ainsi qu’une grille de ventilation dédiée à l’alimentation. Il faudra veiller à orienter son ventilateur vers l’arrière.

De chaque côté, le Canvas offre des supports pour radiateurs sur base 120 mm ou 140 mm. Visuellement, il nous semble que le format idéal sera 280 mm.

Montage aircooling du prototype

Pour cette prise de contact, nous décidons de proposer une configuration minimaliste.

  • Carte mère MSI B760i EDGE DDR4
  • Intel Core i5 12400F
  • Noctua NH-C14S avec remplacement du ventilateur par NF-A14X25 G2
  • PALIT KalmX GTX 750 Ti
  • Alimentation Corsair SF 750

Le montage, une fois le riser idéal trouvé, est un vrai plaisir. Les composants prennent place aisément sur la structure et le look est réellement impressionnant. Certes, notre GPU n’est plus d’actualité et mériterait une mise à niveau. Nous pensons à une KalmX plus récente (RTX 3050) ou à la MSI RTX 5060 Inspire ITX.

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Le PC est parfaitement stable donc nous n’utilisons pas les pieds optionnels. La difficulté viendra du câble CPU. Les câbles d’origine des alimentations SFX sont généralement très courts, pour s’adapter aux contraintes des boîtiers ITX. Mais ici, nous devons diriger le câble à l’arrière du châssis puis revenir vers le connecteur 8 pins en haut de la carte mère. Un autre modder conseille à Dmitry de disposer des guides câbles à l’arrière, permettant un routage harmonieux et l’usage éventuel d’extensions. De notre côté, nous réalisons un câble sur mesure pour l’occasion, aux couleurs de Noctua.

Cette première expérience est un franc succès. À quelques détails facilement corrigibles prêts, le prototype donne satisfaction.

[nextpage title= »Le prototype : watercooling custom »]Montage watercooling custom du prototype

Nous ne pouvons nous empêcher de challenger le Canvas. Et pour ce faire, nous préparons une configuration watercooling custom démesurée pour le refroidissement de notre Intel Core i5. Le but est de tester les capacités du châssis.

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Nous conservons notre brave PALIT KalmX GTX 750 Ti, uniquement parce qu’elle occupe parfaitement l’espace frontal du Canvas. Ce qui nous amène à une remarque importante : si la longueur (et même l’épaisseur) du GPU est virtuellement illimitée, on préfèrera se limiter à des modèles de dimensions modestes. Cela inclut la plupart des cartes graphiques à un ou deux ventilateurs, mais aussi les modèles sous waterblocks.

La boucle de refroidissement est constituée de :

  • Alphacool Core distroplate 240 mm avec pompe VPP Apex
  • Deux radiateurs Watercool Heatkiller 280 mm blancs
  • Ventilateurs Noctua NF-A14X25 G2
  • Waterblock CPU Watercool Heatkiller IV
  • Tubes cuivre 14 mm

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Cette fois encore, le montage est d’une facilité déconcertante. Il faut penser à fixer le réservoir derrière la carte mère avant d’installer celle-ci. Pour le reste, rien à signaler. Les radiateurs 280 mm s’intègrent parfaitement à la structure et viennent stabiliser l’ensemble. L’angle offert est visuellement plaisant.

Hélas, à la mise en route, une mauvaise surprise vient gâcher la fête. L’accès aux ports I/O de la carte mère est très difficile et une partie d’entre eux est carrément inaccessible ! Une solution évidente serait de fixer les radiateurs au dos du rail de montage. Mais le look en serait affecté (vis et rail apparents). Nous signalons ce point à Redshift Project, qui le prendra en compte pour le modèle de production.

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Prototype : le verdict

Nous avons été terriblement emballés par les premiers contacts avec le modèle de pré-production. Malgré les difficultés évoquées plus haut, le Canvas est déjà mature et globalement fonctionnel. Ce constat est partagé par les quelques autres modders ayant eu l’opportunité de le tester. Dmitry doit maintenant entamer un long travail de recherche avant de passer à la production.

En effet, il doit revoir le design en tenant compte des remarques faites sur le prototype. Il faudra ensuite chiffrer le coût de production, peinture, emballage, expédition et fixer un prix de vente réaliste. Ne parlons pas du marketing et de la mise à jour du site internet. Un chemin passionnant, mais laborieux pour donner vie à une création entièrement nouvelle. 

Pendant toute cette phase de travail intense (mais invisible pour l’acheteur final), Dmitry nous a partagé ses doutes et incertitudes. Il nous a impressionné par la rigueur de sa démarche et de ses convictions, notamment celle de produire le Canvas localement. Ne se précipitant pas et ne cédant pas à la facilité, il vient à bout du processus. Et le Redshift Project Canvas est officiellement mis en vente en décembre 2025.

[nextpage title= »Canvas : watercooling AIO »]Après plusieurs mois de mise au point, le Redshift Project Canvas est mis en vente pour 189 €. Ce prix inclut, en plus du châssis, un riser PCIe 4.0. Seule concession faite au commerce international, ledit riser vient directement de Chine. Au terme de longues discussions et hésitations, Dmitry décide de proposer deux couleurs. Et il souhaite se démarquer de l’offre noir/blanc majoritaire. Nous aurons donc le choix entre :

  • Argent
  • Bronze

Les deux coloris sont très réussis. Les accents sont noirs dans les deux cas.

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Redshift Project Canvas : AIO

Pour nous familiariser avec la nouvelle itération du Canvas, et pour explorer une nouvelle option, nous nous tournons vers un build AIO.

Du changement

Le nouveau Canvas est livré dans une boite en carton de bonne facture, à plat. En effet, le design a été revu pour rationaliser les frais d’envoi. Au lieu d’une structure unique, le châssis se compose désormais de plusieurs éléments à assembler.

Le montage est guidé par un mode d’emploi papier. Les vis sont triées et étiquetées. L’assemblage est donc une affaire de minutes. Nous notons un nouveau support d’alimentation fusionné avec le cadre I/O carte mère, ainsi qu’un dispositif complet de gestion des câbles. Imprimés en 3D, les guides câbles ne sont pas très solides, mais facilement remplaçable.

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La qualité du métal utilisé est excellente et le châssis très robuste. Notons cependant la présence d’imperfections (minimes, mais bien visibles) au niveau de la peinture (powder coating). Le créateur du châssis est informé de ces défauts. Ceci mis à part, le coloris « argent » offre une belle sobriété, tandis que le « bronze » impressionne et se démarque franchement. Ce dernier sera naturellement plus difficile à assortir.

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Autre évolution importante : la carte mère a été décalée de quelques millimètres et l’angle du châssis augmenté. Ainsi, les difficultés d’accès aux ports carte mère avec un radiateur à gauche ne sont plus d’actualité.

Enfin, le support ventilateur arrière accepte maintenant 120 mm ou 140 mm et une grille a été ajoutée (même découpe que celle de l’alimentation) pour permettre aux composants de respirer.

La configuration

Nous n’avions pas encore eu l’occasion d’installer un AIO sur le Canvas. Pour cette nouvelle série de test, nous adoptons la configuration suivante :

  • Carte mère JGINYUE B650i Night Devil
  • AMD Ryzen 7 7700
  • MAXSUN Ms-Intel Arc B570
  • ENERMAX LIQMAX IV 240 mm
  • Alimentation Corsair SF 750

Nous retrouvons avec plaisir ce qui nous avait séduit lors des tests du prototype. Et les améliorations apportées au design sont loin d’être anodines !

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En premier lieu, l’ajout d’une aération au dos de la carte mère permet d’y installer le radiateur de notre AIO sans crainte d’étouffer son flux d’air. Nous testons le positionnement de l’AIO à l’arrière et sur le côté du châssis.

Avouons que notre préférence va au positionnement arrière et au look « sac à dos » obtenu. Mais cet aspect est purement subjectif. D’aucuns préfèreront le montage latéral, plus équilibré visuellement.

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Le montage final est fabuleux. Il est peu encombrant mais accroche aussitôt le regard. Nous connaissons l’efficacité et le silence de l’AIO ENERMAX, il ne nous déçoit pas. Bien que monté directement sur le Canvas, aucun bruit ou vibration parasite ne se fait sentir.

Le GPU MAXSUN occupe deux slots et se marie bien aux dimensions générales. Son installation appelle pourtant une seconde remarque : le nouveau système de fixation du GPU ne permet le vissage que de la dernière vis côté carte graphique. Ce trou n’est généralement pas fermé. En conséquence, une carte lourde pourrait potentiellement glisser vers l’avant, par exemple pendant le transport. Elle se trouverait alors seulement maintenu par son port PCIe. Toutefois, nous n’avons pas eu de difficulté avec notre carte.

[nextpage title= »Canvas : watercooling custom et conclusion »]Concluons notre découverte de ce superbe châssis SFF par une dernière configuration watercooling custom et profitons-en pour vous présenter un tout nouveau réservoir de la marque Alphacool.

Un dernier custom

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Ayant déjà exploré la configuration double radiateurs latéraux et réservoir arrière, nous prenons une nouvelle route. Pour ce second build sur la version commerciale du Canvas, nous conservons les composants précédents mais remplaçons l’AIO par une boucle custom :

  • Nouveau réservoir Alphacool Core 70 avec pompe VPP APEX
  • Radiateur HardwareLabs GTS 240 mm
  • Ventilateurs Alphacool Apex Stealth
  • Waterblock CPU Alphacool Core 1
  • Gaines de tubes MDPC-X
  • Tubes souples Watercool Heatkiller EPDM
  • Tube rigide Corsair Satin Black

Redshift Project Canvas

Le radiateur prend place au dos, comme notre AIO du premier montage. Le réservoir est, quant à lui, fixé latéralement. Et cela nous donne aussitôt l’occasion d’apprécier le système de montage rotatif du Alphacool Core 70. Ce réservoir respire la qualité. Comme toujours avec la marque allemande, le bundle est complet. Tous les éléments nécessaires à la fixation et à l’usage sont fournis, aucun achat secondaire n’est à prévoir.

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Une fois de plus, l’assemblage de la configuration complète est rapide. L’angle offert par le Canvas, au delà de son esthétique, s’avère fort pratique. Il est ainsi aisé de positionner et ajuster les composants et les câbles à tout moment. Le build requière peu de planification et permet de laisser libre cours à la créativité.

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Conclusion

Le Redshift Project Canvas n’est pas pour tout le monde. Il s’adresse à un public restreint, passionné de PC atypiques, ouverts et au format SFF. Les autres passeront volontiers leur chemin. Mais pour son audience, il délivre une prestation de première qualité.

Bien pensé, original, il offre une expérience de montage terriblement satisfaisante dans toutes les situations. Et c’est suffisamment rare pour être signalé. Du watercooling custom à l’aircooling minimaliste, aucune configuration n’est ridicule, pourvu qu’on tienne compte de ses dimensions réduites. Preuve en est, chaque modder ayant eu accès au châssis a produit une configuration totalement différente. Nous vous invitons à découvrir le travail de 172 builds, Minibot PC et LiquidHaus sur leurs réseaux respectifs.

Un grand merci à Dmitry de Redshift Project pour nous avoir associé à cette aventure et au lancement de son produit. Nous avons rencontré un créateur humble et passionné, de ceux qui font avancer les choses et donnent un sens à la passion du hardware au quotidien.

Pour en savoir plus sur le Canvas et sur Redshift Project, ça se passe ici.

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