TEST : Thermal Grizzly Duronaut Pro

Introduction : 

Nous avons réceptionné la nouvelle pâte thermique de Thermal Grizzly, la Duronaut Pro. Elle se place dans un segment plus haut de gamme que la Duronaut classique, avec une recette complètement revue. Ici, on ne parle pas juste d’une amélioration, mais bien d’une pâte différente dans les faits. La marque à l’ours rouge annonce une meilleure durée de vie de la pâte ainsi que de meilleures performances globales.

Le marché de la pâte thermique est hyper concurrentiel, et Thermal Grizzly vise le haut de gamme en cherchant à offrir les meilleures performances face à la concurrence. C’est ce que nous allons vérifier dans ce test, avec une question en tête :

La Duronaut Pro est-elle la meilleure pâte thermique que vous puissiez acheter ?

Dans ce test, j’ai fait le choix de l’utiliser exclusivement sur carte graphique, car beaucoup de tests sont réalisés sur CPU, mais peu sur GPU. Et je ne vais pas tester cette Duronaut Pro sur n’importe quel GPU, puisque nous serons sur une 5090D HOF. Nous testerons les performances de la pâte avec le BIOS 600 watts, mais aussi avec le BIOS XOC, pour la pousser à plus de 1 000 watts de consommation sur le die. L’objectif est de vérifier la tenue de la pâte sous des charges extrêmes, notamment face au phénomène de pump-out. C’est pour moi un point essentiel sur GPU, dont je vous expliquerai l’importance un peu plus tard dans le test.

Merci à Thermal Grizzly pour la mise à disposition de sa nouvelle pâte thermique !

 

Le bundle : 

Thermal Grizzly nous a envoyé deux tubes de pâte thermique : une version de 2 g et une version de 6 g. Pour l’emballage, on retrouve un emballage noir, avec une police rouge, le logo de la marque et l’image du tube correspondant à sa contenance.

On retrouve dans l’emballage un tube de pâte thermique, un applicateur, une spatule TG, une spatule TG Pro, un guide de l’utilisateur ainsi qu’une étiquette d’authenticité. Cette dernière permet de vérifier que votre pâte Thermal Grizzly n’est pas une contrefaçon, notamment si vous l’achetez auprès d’un revendeur que vous ne connaissez pas.

Le tube de pâte thermique est noir, avec le nom du produit inscrit en blanc.

Ensuite, parmi les choses que je trouve importantes à mentionner, il y a cette spatule Pro livrée dans le bundle. Elle est beaucoup plus rigide et permet d’exercer une meilleure pression lors de l’étalement de la pâte thermique. Je la trouve bien meilleure qu’une spatule classique pour appliquer la pâte plus rapidement et l’étaler plus facilement. Pour moi, c’est un vrai plus.

Pour finir, parmi les choses intéressantes du bundle, vous aurez un applicateur qui est une petite tête à visser sur votre tube pour appliquer votre pâte thermique en fine couche. Cela permet de réduire la quantité de pâte thermique utilisée lors de l’application.

Protocole de test :

La configuration : 

Pour la configuration de test, on va retrouver une configuration équipée de :

  • Carte mère : Gigabyte X870E AERO WOOD Edition
  • Processeur : AMD Ryzen 9 9800X3D
  • Refroidissement : DeepCool Mystique 240 mm
  • Mémoire : G.SKILL DDR5-8000 CL38 (2 × 24 Go), équipée d’un dissipateur custom en aluminium
  • Carte graphique : GALAX GeForce RTX 5090 D HOF OC LAB XOC
  • SSD : Lexar NM790 4 To
  • Alimentation : EVGA SuperNOVA T2 1600 W Titanium
  • Boîtier : InWin Shift
  • Refroidissement GPU : système de watercooling externe Arterial 2 360 mm de chez Singularity Computers, équipé de deux pompes D5 et d’un radiateur Hardware Labs GTX 360 mm.

Comment a été réalisé le test ?

Pour ce test, j’ai utilisé une RTX 5090D HOF OC LAB XOC avec le BIOS 600 watts, refroidie par eau avec un waterblock Iceman pour 5090D HOF. J’ai lancé le test de contrainte Port Royal sur 3DMark, qui consiste à enchaîner 20 boucles de Port Royal. La température de la pièce était de 22 °C.

Pour le refroidissement, je suis équipé d’une boucle avec deux pompes D5 réglées à 75 %, un radiateur Hardware Labs GTX 360 et trois ventilateurs Noctua Industrial 3000 tr/min réglés à 40 %. Le débit moyen pendant le test était de 7,44 litres par minute.

 

J’ai utilisé le logiciel FrostPulse pour relever les températures du core et du hotspot, ainsi que le delta entre les deux, pendant le test de stabilité et pour analyser la température du GPU.

L’application de la pâte thermique : 

Pour l’application de la pâte thermique, j’ai versé un peu d’alcool isopropylique sur un coton pour nettoyer le die de la carte graphique ainsi que la partie du waterblock en contact avec celui-ci. Le but est d’avoir une surface propre, sans résidus ni graisse qui pourraient altérer l’application. Je vous conseille de faire la même chose pour avoir une surface aussi propre que possible.

Ensuite, j’ai appliqué une ligne de pâte thermique sur toute la longueur du die, puis je l’ai étalée avec la spatule Pro de Thermal Grizzly. Je dois vous mentionner que la pâte est assez difficile à appliquer. Elle est assez dure et a tendance à coller à la spatule. Plusieurs passages peuvent donc retirer la pâte par plaques sur le die. Alors certes, elle est moins dure et plus simple à appliquer que la Duronaut classique, mais par rapport à d’autres pâtes thermiques, elle n’est pas forcément facile à étaler.

Si vous avez quelques difficultés à l’appliquer, réchauffer légèrement le die de votre carte graphique avec un sèche-cheveux, autour de 40 °C, peut vous aider à ramollir la pâte.

Je trouve qu’à l’application, la couche paraît un peu plus épaisse que celle d’autres pâtes thermiques concurrentes.

Après avoir discuté avec plusieurs connaissances, j’ai pu constater que certains lots de Duronaut Pro étaient plus ou moins fluides. Dans mon cas, le lot reçu était particulièrement difficile à appliquer, car la pâte était peu fluide.

 

Les performances : 

Pour les performances, j’ai fait le choix de la comparer à la MX-7, une pâte haut de gamme qui est, pour moi, l’une de ses concurrentes directes.

Au repos : BIOS 600 watts

Même si, pour certains, cela n’a pas d’intérêt, regarder comment se comporte la pâte en idle au niveau du hotspot, ce n’est pas une bêtise. Cela permet déjà de voir comment le montage se comporte avant même de lancer une charge, en comparant les températures du core et du hotspot. J’ai dû faire bien plus d’une dizaine de montages sur 5090. Sur un bon montage, avec une pâte de qualité, vous êtes entre 3 et 4 °C de différence.

La Duronaut Pro semble offrir d’excellentes performances, avec des températures similaires à celles de la MX-7 en idle et un léger avantage sur le hotspot.

En charge : Stress test Port Royal, 20 runs consécutifs, BIOS 600 watts

Le stress test de Port Royal, avec ses 20 runs consécutifs, dure environ 35 à 40 minutes. La pâte thermique va donc être mise à rude épreuve, sachant que la consommation moyenne se situe autour de 550 à 600 watts.

La Duronaut Pro se comporte extrêmement bien face à la MX-7, qui garde un léger avantage sur la température du core. En revanche, la Duronaut Pro fait mieux sur le hotspot, avec une température inférieure de 1,2 °C.

Benchmark XOC intensif : 1 run Port Royal à plus de 1 200 watts 

Je trouvais intéressant de comparer les deux pâtes thermiques sur un run de Port Royal en overclocking extrême sous waterblock, à plus de 1 200 watts. On retrouve des performances similaires, mais une fois de plus, la Duronaut Pro maintient son avantage sur la température du hotspot.

Le comportement de la Duronaut Pro

Pour moi, le point principal d’une pâte thermique, c’est évidemment sa performance, mais surtout sa durée de vie et la vitesse à laquelle elle va se dégrader. Avoir de bonnes températures au premier montage, c’est une chose. Les conserver au fil du temps, c’est tout aussi important.

Mais sur GPU, il faut aussi parler du pump-out. C’est un phénomène que certains connaissent peu, voire pas du tout, et qui revient dans les discussions, notamment avec des cartes comme la RTX 5090 et leurs fortes consommations. Pour moi, la résistance à ce phénomène est un vrai critère pour départager les pâtes thermiques.

Alors, c’est quoi le pump-out et quel est le problème ?

Le pump-out, ou effet de pompage, désigne le déplacement progressif de la pâte thermique hors de la zone de contact entre le die, la puce du GPU, et la base du refroidisseur. Cela est dû aux différents cycles de chauffe de la pâte thermique. Avec le temps, certaines zones du die, notamment au centre, peuvent donc se retrouver avec moins de pâte, voire presque plus du tout. Le transfert de chaleur devient moins efficace, ce qui peut faire augmenter les températures du core et du hotspot.

Les pâtes thermiques sont touchées par ce phénomène, mais elles n’y résistent pas toutes de la même manière, car plus une pâte a tendance à être liquide, plus elle sera impactée par ce problème.

Thermal Grizzly a complètement revu la recette de la Duronaut classique pour créer cette version Pro et réduire cet effet de pump-out.

Dans le cas de notre Duronaut Pro, je dois dire que c’est l’une des pâtes qui a le mieux conservé ses performances dans mes essais. Pour solliciter la pâte et favoriser l’apparition du pump-out, j’ai multiplié les cycles de chauffe et de refroidissement avec des sessions d’overclocking à plus de 1 000 watts. J’ai remarqué que la Duronaut Pro était elle aussi affectée, mais moins que la MX-7 ou d’autres pâtes que j’ai testées. Dans mon montage, elle semble rester en place plus longtemps, avec une dégradation des performances moins marquée.

Après plusieurs soirées d’overclocking avec la Duronaut Pro : 

Au démontage, on observe de légères traces de déplacement de la pâte thermique dans les parties haute et basse du die. Au centre, en revanche, la pâte reste bien présente sous forme d’une fine couche. On remarque un effet de pump-out, mais celui-ci reste beaucoup moins marqué que chez la concurrence.

 

La conclusion : 

La Duronaut Pro se montre très convaincante sur notre RTX 5090D HOF. Les performances restent proches de celles de la MX-7, qui conserve un léger avantage sur la température du core, mais la pâte de Thermal Grizzly fait mieux sur le hotspot, avec un gain de 1,2 °C pendant le stress test Port Royal. Elle maintient également cet avantage lors de nos essais en overclocking extrême à plus de 1 200 watts.

Mais pour moi, son principal intérêt reste sa tenue au fil des cycles de chauffe. Après plusieurs soirées d’overclocking, la Duronaut Pro reste assez stable en performances. Elle semble, elle aussi, affectée par les déplacements de pâte liés au pump-out, mais la dégradation observée pendant nos essais est moins marquée qu’avec la MX-7 ou d’autres pâtes.

L’application demande toutefois un peu de patience. Sa consistance assez ferme et sa tendance à coller à la spatule ne rendent pas toujours l’étalement facile. Heureusement, la spatule Pro fournie dans le bundle aide bien et représente un vrai plus. C’est une spatule renforcée qui permet d’exercer davantage de pression lors de l’application.

Pour moi, la Duronaut Pro fait donc partie des meilleures pâtes thermiques que j’ai testées sur GPU. Elle combine de bonnes performances, un avantage sur le hotspot et une tenue prometteuse face aux cycles thermiques. C’est surtout sur ce dernier point qu’elle se démarque dans nos essais, ce qui en fait, pour moi, une excellente option.

Mais son principal défaut reste son prix, plus élevé que celui de certaines concurrentes, notamment la MX-7. On se retrouve à 27,90 € pour 6 g de Duronaut Pro, contre 9,59 € pour 8 g de MX-7, à titre de comparaison.

Thermal Grizzly Duronaut Pro

Les +

  • Très bonnes performances sur GPU.
  • Bon comportement du hotspot, même en overclocking extrême.
  • Bonne stabilité des performances au fil des cycles de chauffe dans nos essais.
  • Bundle complet, avec une spatule Pro efficace et un applicateur pratique.

Les -

  • Prix élevé
  • Application délicate : pâte assez ferme qui a tendance à coller à la spatule.

La Duronaut Pro combine de très bonnes performances sur GPU et une excellente tenue au fil de nos cycles de chauffe. Pour moi, c’est une excellente option, malgré une application un peu délicate et un prix élevé.