Test Ryzen 3 3200G & Ryzen 5 3400G

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Conclusion :

Il est maintenant temps de conclure sur ces nouveaux APU : les Ryzen 3 3200G et Ryzen 5 3400G.

Une génération de retard !

Malgré ce que leur nom semblent indiquer, ces APU utilisent des coeurs Zen+. Et c’est dommage quand on voit les gains qu’avaient permis les coeurs Zen2 sur le Ryzen 5 3600 par exemple. Au final, les Ryzen 3 3200G et Ryzen 5 3400G partagent la majeure partie de leur architecture et de leurs fonctionnalités avec les Ryzen 2000, qui sont une génération en retard. Exit donc le 7nm, exit également le PCI-e 4.0, d’autant plus que l’on reste ici bloqué à 8 lignes PCI-e.

Des performances qui augmentent peu :

Par rapport à la génération précédente, les performances augmentent peu finalement. Une dizaine de % maximum en applicatif et en jeux, pareil au niveau de l’iGPU. On remarque que le Ryzen 5 3400G profite plus de l’augmentation des performances, qui reste plus timorée du côté du Ryzen 3 3200G.

Mais c’est surtout face aux autres références que la comparaison est problématique. Les Ryzen 5 Hexacore sont diablement plus efficace. A titre d’indication, face au Ryzen 5 3400G, le Ryzen 5 2600 arrive à lui mettre 14 % in game dans la vue et même 36 % en applicatif, c’est énorme. Face à la concurrence, le Core i3 9350K est également meilleurs in game qu’un Ryzen 5 3400G… mais moins bon en applicatif.

Si on avait été en 2015 sur une architecture Intel qui faisait du sur-place, 10 % de gains en un an, on aurait allègrement signé ! Mais dans le contexte de 2019, la multiplication des coeurs et l’arrivée de Zen2, le retard de la première génération d’APU Ryzen devient ici un gouffre. En fait on n’a pas l’impression d’être en 2019 avec ce processeur, même en prenant en compte la gamme visée.

Pour la partie iGPU, les gains sont modérés également. Il est difficilement pensable de jouer en 1080p sur un AAA actuel, même avec des réglages minimum, il faut se rabattre sur le 900p. Le 1080p est par contre atteignable sur les jeux peu gourmands, comme LOL ou GTA V. Bref, rien de nouveau sous le soleil par rapport à la génération précédente.

D’autant plus que cette augmentation légère des performances se fait au détriment de la consommation qui augmente face à la génération précédente, malgré le process de gravure plus abouti. Alors certes, la gestion manuelle de la tension permet de rattraper tout cela, d’autant plus que ces nouveaux APU se comportent bien dans ce domaine. Mais pour la personne qui veut un CPU efficace out the box, c’est râpé.

Un refroidissement amélioré :

AMD a amélioré le refroidissement sur cette nouvelle génération d’APU. D’un côté, ils utilisent une pâte interne en métal liquide, plus efficace que la pâte utilisée sur la génération précédente.

De l’autres, ils gonflent un peu le refroidissement en revisitant le Wraith Stealth pour le Ryzen 3 3200G, et en passant carrément au Wraith Spire pour le Ryzen 5 3400G. Ce n’était pas indispensable car la génération précédente chauffait assez peu finalement, mais c’est toujours bon à prendre. Pour info, on peut même se permettre d’overclocker le Ryzen 5 3400G avec son radstock !

Un positionnement tarifaire délicat :

Mais là où le bât blesse, c’est vraiment le positionnement tarifaire. Le Ryzen 3 3200G se trouve autour des 110 €, AMD l’a placé en strict remplaçant du Ryzen 3 2200G. Le problème est qu’entre temps, Intel a positionné son Core i3 9100F, plus performant, juste en face. A condition de faire l’impasse sur l’iGPU.

De son côté le positionnement du Ryzen 5 3400G à 170 € n’a vraiment aucun sens. On trouve des Ryzen 5 2600, plus performants dans tous les cas pour moins cher. On trouve des Ryzen 7 2700 sous les 200€, alors que les performances atteignent un tout autre registre. Même face au Ryzen 5 3600 de la “même génération”, il fait grise mine : les 40 € d’écart ne sont rien en comparaison du fossé qui les séparent dans la pratique. A 140 € il ne serait toujours pas très intéressant, mais aurait au moins eu un intérêt pour certains. A 165 €, il n’en a pour personne en réalité.

Bref, pour faire court, acheter un Ryzen 3 3200G ou un Ryzen 5 3400G sans utiliser la partie GPU est une hérésie tellement ces références ont un rapport perf/prix décalé… et malheureusement sur ce point là, l’absence de progrès sur la partie iGPU rend l’affaire assez compliquée.

Ryzen 3 3200G :

On a aimé :
  • Une latence RAM en progression
  • La capacité d’overclocking en hausse
  • Le gain de performance par rapport à la génération précédente
  • Le prix qui n’augmente pas
  • La TIM améliorée
  • Capacité d’overclocking intéressante
On a moins aimé :
  • Le gain de performance insuffisant pour rattraper le reste de la gamme
  • l’archi et la gravure qui date d’un an
  • le PCI-e 3.0 8x, très limité
  • Ratio perf/conso mauvais
  • Les performances qui restent très faibles en applicatif et en jeu
  • Le positionnement tarifaire problématique face aux full-CPU
Si le Ryzen 3 2200G avait révolutionné le secteur 100€ il y a 18 mois, les choses ont changé depuis. Intel a positionné des références plus performantes, rendant caduques les maigres gains que l’on a pu voir sur ce 3200G. En résumé, pas assez de tout, et un intérêt limité à ceux qui veulent impérativement un iGPU sur leur processeur. Pour tous les autres, on trouvera mieux ailleurs. Sa polyvalence lui sauve néanmoins l’argent in extremis.

Ryzen 5 3400G :

On a aimé :
  • Une latence RAM en progression
  • La capacité d’overclocking en hausse
  • Les performances en applicatif face aux Core i3
  • La constance du framerate parfois meilleure que sur un R5 2600
  • Le gain de performance générale assez marqué face au 2400G
  • Ratio perf/conso correct une fois optimisé
  • La TIM améliorée
  • La présence du Wraith Spire
On a moins aimé :
  • Les performances un cran en-dessous d’un R5 2600
  • Les prix en totale inadéquation avec les performances
  • Le faible gain face aux Ryzen 3 en mode APU
  • Ratio perf/conso d’un autre âge
  • l’archi et la gravure qui date d’un an
  • le PCI-e 3.0 8x, très limité
  • La capacité d’overclocking moins bonne qu’un Ryzen 3
On avait envie de l’aimer ce Ryzen 5 3400G ! C’est le meilleur APU Desktop, gains de performances corrects, meilleur radbox qu’avant… Mais il faut revenir à la réalité : il a trop de retard encore sur les performances CPU, on trouve largement mieux pour moins cher. Quant à la partie GPU, elle ne se distingue pas assez des Ryzen 3 pour être vraiment intéressante. Bref il faut du Zen2, et vite ! Le prix élevé sabre complètement tout intérêt à ce processeur, qui avait pourtant bien des mérites. En attendant une baisse de prix, il se contentera du bronze.
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basile
basile
29 octobre 2019 22h20

super décessevant