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Test : Asus ROG Kithara

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Ecoute musicale

Le casque Asus ROG entend jouer sur deux tableaux : écoute musicale Hifi et gaming à tendance compétitive. Nous l’avons donc testé dans ces deux usages bien distincts. Nous l’avons également comparé à un panel de casques issus des deux mondes.

Asus ROG Kithara : écoute Hifi

ROG KITHARAPour l’écoute musicale, nous adoptons le setup suivant :

  • Serveur Roon hébergé localement
  • Tous les titres utilisés sont dans un format “sans perte”, généralement FLAC ou ALAC
  • ifi ZEN DAC connecté en USB au PC de test
  • Câble Hifi du ROG Kithara avec embout 4.4 mm raccordé sur la sortie symétrique du Zen DAC
  • Aucun equalizer appliqué

Notre playlist de test incorpore des morceaux de différents genres musicaux pour couvrir une large gamme de fréquences et sollicitations du casque :

  • Kae Tempest – Europe is lost
  • TimeKops – Tears in the rain
  • Triplego – Noir carbone
  • Metallica – Atlas, rise !
  • Matt Elliott – C.F. Bundy
  • Nigel Kennedy and the Kroke Band – Adje Jano
  • Philip Glass – Metamorphosis : One
  • Orange Blossom – Ya Sidi
  • Nick Cave and the Bad Seeds – The mercy seat (live from KCRW)
  • The Dave Brubeck Quartet – Take five
  • Calvin Russel – Crossroad

Enfin, nous comparons le ROG Kithara avec :

  • Hifiman Edition XS
  • Hifiman He-R9
  • Audeze Penrose
  • Sennheiser HD598

Les basses

Le ROG Kithara propose d’excellentes basses. Elles sont précises et remarquablement denses pour un casque planaire de cette gamme tarifaire. Même sur un morceau exigeant dans ce domaine fréquentiel, comme “Noir Carbone” de Triplego, elles ne débordent jamais vers les mediums ni ne les étouffent. On sent tout de même une volonté de flatter ou impressionner avec une emphase un peu exagérée vers le bas du spectre. Loin de la représentation chirurgicale d’un Sennheiser HD598, le Kithara affirme son identité, mais le fait avec suffisamment de précision. Il ne tombe pas dans la caricature trop souvent rencontrée dans le domaine et tire parti de ses transducteurs magnétiques pour délivrer des basses impactantes, sans être envahissantes. Et il le fait sans être trop gourmand en puissance. Nous évoluons entre 20 et 30 % de puissance sur le Zen DAC.

Branché directement à la sortie 3.5 mm de notre PC, il s’en sort, mais nous notons une nette perte de cohérence et d’impact. L’écoute reste agréable, mais une source dédiée est presque indispensable. C’est tout particulièrement flagrant sur le titre “Atlas, rise !” de Metallica. Cette remarque s’applique également à l’alimentation par le dongle USB-C fourni.

Les mediums

Dans ce domaine complexe, incluant la majorité des performances vocales, le Kithara brille à nouveau. Rien à lui reprocher ici. L’ensemble des instruments à cordes est bien distinct et intelligible. Les voix masculines et féminines sont bien définies et émergent sans difficulté du mix. À ce titre, le morceau “Europe is lost” de Kae Tempest permet d’apprécier la constance de notre casque. L’écoute de “Metamorphosis : One” et “C.F. Bundy” confirme sa versatilité. Et le morceau live de Nick Cave termine de convaincre. Ce titre nous permet d’apprécier pleinement la largeur de la scène sonore offerte par le casque ouvert et les transducteurs planaires. On a vu mieux dans le genre, mais dans des gammes de prix bien supérieures.

Nous le pressentions pendant l’analyse des basses fréquences, et le confirmons maintenant : les oreillettes en tissu ont une légère tendance à étouffer la scène. L’ensemble perd en dimension, et même légèrement en clarté, comparativement aux oreillettes en similicuir. Rien de rédhibitoire, mais la différence est audible. Ce constat dépend fortement de la physionomie de chacun et doit donc être modéré. De notre côté, nous utiliserons les pads similicuir pour le reste du test. Ils nous semblent d’ailleurs plus confortables. Les modèles tissus peuvent chauffer pendant les longues sessions.

Les aigus

À nouveau, le Kithara se positionne fermement. Il montre une franche personnalité dans les aigus. Sur certains morceaux, notamment en présence de voix, c’est un succès. L’emphase appuyée de certaines fréquences hautes fait merveille et contribue à la cohérence d’ensemble. Mais, parfois et surtout dans les sonorités Jazz, le Kithara épuise. Ayant perçu cette faiblesse à l’écoute de “Take Five”, nous avons écouté l’intégralité de l’album de Dave Brubeck. Ce fut une écoute agréable, mais éprouvante sur la fin. L’agressivité perçue vers le haut du domaine contraint à baisser légèrement le volume global, au détriment des subtilités du mix. Il est possible qu’une source plus “chaude” (amplificateur à lampes) permettent de corriger cette tendance. En comparaison, un titre moins exigeant (plus linéaire) comme “Crossroad”, passe à merveille au travers du prisme Kithara. La voix et la guitare sont retranscrites avec précision et un soupçon d’énergie non caricatural.

Sur la majorité des morceaux, le Kithara délivre une superbe performance, bien meilleure que ce que proposent les casques gaming en général.

Remarques générales

L’Asus ROG Kithara est donc un casque polyvalent pour l’écoute musicale. Il délivre le niveau de performance attendu d’un modèle planaire à ce prix, avec une vraie personnalité. Les choix de tuning ne feront pas l’unanimité, mais sauront satisfaire la majorité des utilisateurs. Les remarques faites plus haut peuvent être assez facilement corrigées par un equalizer bien réglé. Nous recommandons vivement l’utilisation d’une source dédiée. Il donnera de bons résultats en connexion 3.5 mm directe, mais ne délivrera pas son plein potentiel. Nul besoin d’une source très haut de gamme ou d’un amplificateur surpuissant : une simple carte son dédiée (si possible munie d’une sortie symétrique) fera l’affaire.

Le Kithara est un casque ouvert. Il n’offre donc aucune isolation phonique. Vous entendez l’extérieur et l’extérieur vous entend. Il ne se destine donc pas aux environnements bruyants ou partagés.

Comparaisons subjectives

Nous avons comparé le Kithara à quelques autres casques.

Hifiman He-R9

Le Hifiman He-R9 ne peut lutter avec le Kithara. Il est battu à plate couture dans tous les domaines. Casque fermé, son seul atout est le supplément d’isolation phonique qu’il offre. Pour le reste, il souffre d’une scène sonore qui parait minimaliste en comparaison de celle du casque ROG. Ses basses très prononcées semblent vulgaires face à la précision de son concurrent. Pour résumer, il n’y a pas match.

Sennheiser HD598

Ici, le constat est plus nuancé. De manière générale, le Kithara domine, impressionne même. Le HD598 peine à offrir la même profondeur que son adversaire tout en étant beaucoup plus exigeant en termes de puissance. Mais, s’il est un atout qu’on ne peut lui enlever, c’est la précision chirurgicale de sa reproduction. Sennheiser ne cherche pas à flatter l’auditeur, ni à booster artificiellement un mauvais enregistrement. Il restitue. Point. En ce sens, il conviendra mieux à certains usages ou utilisateurs. Par exemple, la fatigue que nous ressentions à l’écoute de “Take Five” sur le Kithara n’est pas retrouvée avec le HD598.

Audeze Penrose

Le Penrose est un casque fermé, sans fil. Comme le Kithara, il possède des transducteurs planaires et un micro. Il tente lui aussi, avec une approche différente, de concilier gaming et Hifi. Fidèle à la signature Audeze, le Penrose ne prétend à aucune forme de neutralité. Il impressionne autant qu’il fatigue. D’autant qu’il est peu confortable. Les oreillettes exercent une pression non négligeable sur le crâne et le poids se fait sentir. Il apporte toutefois le “sans fil” grâce à un dongle USB ou au Bluetooth. Une approche différente et quelques défauts pénibles, le Penrose perd globalement le match.

Hifiman Edition XS

Comme prévu, c’est bien au sein de la gamme même d’Hifiman que se situe la principale concurrence du ROG Kithara. Notre vénérable Edition XS n’a pas à rougir face au nouveau venu. Il propose une signature un peu différente, moins flatteuse, plus analytique, qui saura séduire un large public. Avis absolument subjectif, nous préférons le confort de port de son arceau unique. Entre ces deux casques, pas de net gagnant, plutôt une affaire de goût et de préférence personnelle. La nôtre va à l’Edition XS, décidément indémodable et polyvalent… mais il n’a pas de micro. On en reparle juste après.