Les spécifications techniques de la plateforme d’IA Vera Rubin de NVIDIA ont fait l’objet d’une révision significative, bien que non annoncée publiquement. Les données officielles disponibles indiquent une baisse des performances théoriques concernant la mémoire HBM4 et le NVLink. Ces ajustements concernent à la fois les configurations individuelles et les systèmes à grande échelle comme le NVL72.
Contrairement aux attentes initiales qui prévoyaient des fréquences de transfert HBM4 dépassant les 11 Gbit/s par pin, les nouvelles données affichent une réduction notable. La bande passante mémoire par GPU passe de 22 TB/s à 19,2 TB/s, soit une baisse d’environ 13 %. Pour le système complet NVL72, la bande passante totale diminue de 1 580 TB/s à 1 400 TB/s. Ces chiffres s’alignent sur une vitesse de transfert effective d’environ 9,6 Gbit/s par pin, loin des objectifs initiaux de 11,7 Gbit/s.
Une baisse de la vitesse NVLink et des performances de calcul pour Vera Rubin
Les modifications ne se limitent pas à la mémoire. La bande passante du NVLink 6, essentiel pour la communication entre les GPU et les CPU Vera, a également été abaissée. Elle passe de 3,6 TB/s à 3 TB/s par GPU, soit une réduction d’environ 17 %. Cette baisse s’accompagne d’une diminution des performances de calcul annoncées : les capacités d’entraînement en NVFP4 passent de 280 PFLOPS à 270 PFLOPS, tandis que les performances en FP8/FP6 chutent de 140 PFLOPS à 130 PFLOPS.
Ces réductions s’expliquent par des contraintes techniques réelles. L’analyse des spécifications suggère que la fréquence d’horloge du NVLink a dû être réduite de 56 GHz à 47 GHz pour garantir l’intégrité du signal. Des problèmes de stabilité thermique et des difficultés à maintenir des rendements de fabrication satisfaisants avec des spécifications aussi agressives semblent être à l’origine de ces révisions. Le fabricant a ainsi préféré ajuster les promesses de performance plutôt que de risquer des défauts de production.
Il est également noté que la capacité de mémoire brute par GPU reste inchangée à 288 Go, mais que la bande passante totale du système NVL8 a été réduite de manière plus marquée, atteignant une baisse de 26 % par rapport aux chiffres initiaux. En contrepartie, la bande passante réseau entre les systèmes a été augmentée, passant de 0,8 TB/s à 0,9 TB/s par GPU, ce qui pourrait améliorer la communication dans des environnements distribués.
Sur le plan concurrentiel, ces ajustements renforcent la position de la série Instinct MI455X d’AMD. Avec 432 Go de HBM4 par accélérateur contre 288 Go pour Rubin, et une bande passante mémoire de 23,3 TB/s contre 19,2 TB/s, AMD conserve un avantage technique significatif sur le papier. Cependant, l’écosystème logiciel et l’adoption massive de la technologie CUDA continuent de donner à NVIDIA un avantage structurel majeur sur le marché de l’IA, indépendamment de ces réductions de spécifications matérielles.
