Le marché de la mémoire vive traverse une crise sans précédent, on vous le répète suffisamment. Alors que les tarifs des composants récents explosent, un acteur majeur de la finance américaine pointe du doigt une menace imminente pour les utilisateurs de matériel plus ancien. Morgan Stanley avertit désormais d’une hausse de prix spectaculaire pour la mémoire DDR4 et les puces de stockage SLC-NAND.
Une pénurie structurelle jusqu’en 2027
La banque d’investissement américaine Morgan Stanley est convaincue que les prix de la RAM DDR4 et des puces SLC-NAND vont augmenter considérablement très prochainement. Cette prévision s’inscrit dans un contexte où les tarifs de la mémoire DDR5 ont déjà bondi de manière vertigineuse. Selon la Bank of America, les modules DDR5-5600/6400 d’une capacité de 24 Go ont vu leurs prix grimper d’environ 8 % au seul mois d’août, pour atteindre une augmentation annuelle de près de 483 %.
Face à cette dynamique, Morgan Stanley lance un avertissement spécifique concernant les technologies plus anciennes. L’institution financière prévoit une hausse de 50 % des prix pour la mémoire DDR4 au cours du troisième trimestre. Cette tendance devrait se poursuivre avec une augmentation supplémentaire de 10 % au quatrième trimestre. La situation est encore plus critique pour le stockage SLC-NAND, où les analystes anticipent une hausse d’au moins 50 % pour chacun de ces deux trimestres.
Le principal moteur de cette inflation tarifaire réside dans une pénurie extrême de l’offre. Cette situation de rareté pourrait perdurer jusqu’en 2027. Les fabricants de puces ont en effet réorienté massivement leurs lignes de production vers des technologies plus performantes et rentables, telles que la HBM, la DDR5 et les puces NAND haut de gamme. Ce virage industriel laisse les segments DDR4, SLC-NAND et NOR-Flash sans aucun nouveau stock.
La guerre des ressources en silicium
En plus de la réorientation des usines, l’expiration des contrats à long terme pour ces produits spécifiques ouvre la voie à de nouvelles négociations commerciales, permettant aux fournisseurs de réviser leurs tarifs à la hausse. La demande pour ces composants reste toutefois très forte, notamment dans l’industrie, les entreprises exploitant des serveurs et la maintenance des réseaux existants.
Un facteur aggravant est la consommation massive de matériaux nécessaires à la production de mémoire HBM. Il faut trois fois plus de wafers de silicium pour produire de la mémoire HBM que de la DRAM standard. Cette exigence en matières premières contribue directement à la pénurie globale. Selon les estimations d’UBS, Nvidia pourrait nécessiter à lui seul 25,1 milliards de gigaoctets de mémoire HBM l’année prochaine. Au niveau de l’ensemble du secteur, le besoin total s’élève à environ 61,5 milliards de GiB.
Cette crise des ressources en silicium menace donc de rendre les systèmes basés sur des technologies matures, comme la DDR4, économiquement inaccessibles aux consommateurs et aux entreprises qui ne peuvent pas se permettre de remplacer leur parc informatique.

