Quand on s’intéresse au Titan Army P2712V, il faut être honnête, on le fait en premier lieu pour son prix. Mais cette référence dispose d’autres atouts : c’est un moniteur de 27 pouces équipé d’un mode capable de basculer entre deux résolutions et d’allier le meilleur des deux mondes : la très haute définition et la réactivité extrême que demandent les joueurs compétitifs. En effet, ce moniteur permet de basculer entre une résolution 4K (3840×2160 pixels) à 160 Hz, idéale pour des détails précis comme dans les vidéos, certains jeux, etc, et du 1080P (1920×1080 pixels) à 320 Hz, parfaite pour une fluidité parfaite dans les FPS notamment.
Enfin, un autre point important avec cet écran c’est la combinaison de sa taille (27″) et de la résolution. C’est un des éléments techniques qui font la singularité de ce produit. La densité de pixels d’un écran est souvent négligée, dans le cas présent, c’est un atout majeur. Une diagonale de 27 pouces permet d’afficher de la 4K avec une finesse d’affichage de 163 pixels par pouce (PPI), ce qui signifie que la structure des pixels est complètement invisible à l’œil nu à une distance normale. Cela se traduit par une netteté remarquable, parfaite pour le jeu, mais aussi pour la retouche photo ou le montage vidéo. De plus, la colorimétrie en sortie de boîte est plus qu’honnête pour un produit au tarif si agressif. Avec une couverture de 95% de l’espace DCI-P3 et environ 135% du sRGB, les couleurs sont vibrantes et saturées sans paraître artificielles, ce qui ravira les créateurs de contenu amateurs et joueurs du dimanche (ou inversement).
[nextpage title= »Unboxing et présentation »]Lorsque nous recevons le P2712V, autant le dire tout de suite, nous ne sommes pas émerveillés par son packaging contrairement à tout ce qu’on retrouve en ce moment sur les marques A qui sont sur le marché. On se retrouve ainsi avec emballage simple et fonctionnel, loin des cartons luxueux puisque nous avons ici un carton brun discret avec une étiquette collée.
A l’intérieur, l’écran est protégé par de la mousse polystyrène qui, bien que friable dans certains cas, assure une immobilisation efficace des composants pour éviter les dommages pendant le transport. Le ton est donné : pas de fioriture, un packaging efficace pour sécuriser l’écran mais pas de dépense inutile dans le contenant.
À l’ouverture, on découvre un bundle complet :
- Le panneau principal de l’écran,
- Un pied en deux parties avec une vis papillon pour un assemblage rapide
- un adaptateur d’alimentation externe de 65W avec son câble
- un câble DisplayPort qui semble robuste
- un rapport de calibration des couleurs d’usine et un manuel d’utilisation.
Vous l’aurez compris, la marque a choisi la simplicité et l’efficacité. Pas de fioritures superflues, mais tout est là. Bon point, le rapport de calibration semble attester que le produit a bénéficié d’un pré-réglage individuel à son départ de l’usine.
L’assemblage de l’écran se fait en une poignée de secondes et ne pose pas de difficultés particulières.
Notons que le pied ne permet pas de faire pivoter l’écran de gauche à droite, mais il offre un réglage de la hauteur de 100 à 130 mm, une inclinaison de -5° à +20°, un pivot à 90° (mode portrait ce qui est relativement rare). On remarque aussi que l’écran dispose d’une compatibilité VESA 100×100 pour montage mural ou sur un pied spécifique type Ergotron.
Au niveau de la connectique, on dispose de deux ports HDMI 2.1 et deux DisplayPort 1.4, assurant une compatibilité totale avec les consoles de dernière génération (PS5, Xbox Series X) et les PC haut de gamme.
Cependant, il faut noter l’absence de haut-parleurs et de hub USB, ce qui obligera à brancher vos périphériques directement sur votre tour. Cependant, on trouvera sur l’écran une sortie audio jack 3.5mm permettant de renvoyer le son du HDMI par exemple vers un casque.
Concernant la perception globale, avec des bords fins, cet écran propose un aspect sans cadre lui procurant une impression de légèreté. La plasturgie du dos de l’écran est texturée imitation carbone. C’est propre mais ce n’est pas vraiment un aspect éblouissant du design. Le pied semble suffisamment large mais cependant, à la manipulation on constate qu’il est trop léger pour vraiment pouvoir faire basculer la dalle en mode portrait sans avoir besoin de le maintenir. Sur une table ou un bureau pas totalement stable, la légèreté de ce pied sera clairement un point faible. D’autant plus qu’un crochet sur ce dernier doit vous permettre de faire passer vos câbles à un seul endroit…Autant dire qu’un faux mouvement, une tension sur un câble, etc, peut engendrer quelques conséquences.
En ce qui concerne l’accessibilité des boutons de réglage, ceux-ci sont localisés sur la tranche inférieure à droite, ils répondent parfaitement et ne posent pas de problème particulier.
[nextpage title= »Détails techniques »]Evidemment quand on veut rentrer dans les détails de cet écran, il faut tout d’abord s’intéresser à sa dalle Fast IPS de 27 pouces. Celle-ci est traitée avec un revêtement mat anti-reflets. Contrairement aux dalles OLED coûteuses qui ont popularisé le concept du dual mode, Titan Army utilise ici une technologie LCD IPS plus abordable mais qui reste performante. Nous disposons donc de deux modes :
Mode Graphisme (Natif) : De série, l’écran affiche une résolution 4K UHD (3840 x 2160 pixels) avec un taux de rafraîchissement déjà très confortable de 160 Hz.
Mode Performance (Dual-Mode) : Via une manipulation simple dans l’OSD, l’écran regroupe les pixels (pixel binning) pour passer en Full HD (1920 x 1080 pixels). Ce sacrifice de définition permet de disposer d’un taux de rafraîchissement qui grimpe à 320 Hz.
Même si ce n’est pas évident à tracer avec certitude, il est fort probable que Titan Army utilise une dalle AU Optronics ou BOE pour cette référence. Ces dalles utilisent la technologie « Fast IPS » disposant de temps de réponse rapides, annoncés à 1 ms (GtG), minimisant le ghosting dans les jeux.
Concernant le rétroéclairage de cette dalle, Titan Army utilise des W-LED de type Edge-Lit. Ici, pour disposer d’un positionnement agressif, pas de technologie Mini-LED ou de Local Dimming (gestion locale de la luminosité), ce qui impacte sensiblement les performances de cet écran en HDR.
Couleurs : La calibration d’usine est un vrai point fort. Avec un Delta E < 2, la fidélité des couleurs est excellente dès la sortie du carton. Il couvre environ 95% de l’espace colorimétrique DCI-P3 et 100% du sRGB, offrant des couleurs vibrantes et saturées.
Luminosité et Contraste : La luminosité tourne autour de 350 à 400 nits, suffisant pour la certification HDR400. Cependant, le contraste reste typique de l’IPS (environ 1000:1), ce qui signifie que les noirs peuvent paraître grisâtres dans une pièce sombre, contrairement aux dalles VA ou OLED. Mais encore une fois, nous ne sommes pas sur la même gamme de prix.
| Caractéristiques | Détails |
| Taille / Format | 27 pouces (16:9) |
| Type de Dalle | Fast IPS (Matte) |
| Résolution & Fréquence | Mode 1 : 4K (3840 x 2160) @ 160 Hz Mode 2 : FHD (1920 x 1080) @ 320 Hz |
| Temps de Réponse | 1 ms (GtG) |
| Luminosité | ~350 cd/m² (SDR) / Pic à 400 cd/m² (HDR) |
| Contraste | 1000:1 (Statique) |
| Espace Colorimétrique | 95% DCI-P3 / 100% sRGB / 1.07 Milliards de couleurs (8-bit + FRC) |
| HDR | VESA DisplayHDR™ 400 |
| VRR (Sync) | Adaptive Sync (Compatible FreeSync / G-Sync) |
| Connectique | 2x HDMI 2.1 2x DisplayPort 1.4 1x Sortie Audio Jack 3.5mm |
| Ergonomie | Hauteur, Inclinaison, Pivot, Rotation, VESA 100×100 |
| Fonctions Spéciales | PIP / PBP (Picture in Picture), Game Plus |
[nextpage title= »A l’usage »]
Au quotidien, le P2712V se révèle être un compagnon agréable. Le pied est surprenant, offrant du bon et du moins bon. Pour la partie positive, il faut noter que pour cette gamme de prix, il offre des réglages complets (hauteur, inclinaison) et même un mode portrait, comme nous l’avons vu plus haut, très apprécié pour le codage, la lecture de longs documents ou lorsqu’on l’utilise en second écran pour regrouper les messageries emails… C’est vrai que ce pied prend peu de place sur le bureau, mais sa légèreté nous fait parfois passer quelques frissons dans le dos quand on manipule l’écran. Néanmoins, même après quelques agacements lors d’une session gaming, il a assuré une bonne stabilité. Le revêtement mat de la dalle gère bien les reflets et la luminosité maximale est suffisante pour travailler dans une pièce éclairée sans fatigue visuelle. Evidemment, nous n’aurons pas la profondeur des noirs de l’OLED, IPS oblige, le contraste stagne autour de 1000:1 sur cet écran. Néanmoins, le rendu colorimétrique est vraiment satisfaisant.
Un excellent partenaire au quotidien
Mais c’est bien sa double personnalité qui fait sa force. Dans son mode standard 4K, il se révèle être un excellent moniteur pour le travail et le divertissement. La définition 4K sur une dalle de 27 pouces offre une densité de pixels importante (163 ppi), rendant les textes d’une netteté chirurgicale et les images extrêmement détaillées. C’est donc un bon choix aussi pour la création de contenu ou la bureautique. Spécialement pour ceux qui veulent conserver un espace de travail compact. Ses 160Hz donneront aussi satisfaction dans les jeux classiques ou les simulations.
C’est en basculant en « Dual-Mode » que l’écran révèle sa nature compétitive. Le passage en 1080p à 320 Hz transforme radicalement l’expérience : la définition baisse, mais la fluidité devient extrême. A l’usage pour les joueurs polyvalents, cette fonction n’est pas un gadget marketing mais un véritable atout pour les joueurs alternant entre des titres AAA contemplatifs (en 4K) et les titres compétitifs (CS:GO, Valorant) où la réactivité prime.

Le point noir principal concernant l’ergonomie c’est l’interface de réglage de l’écran. Contrairement aux standards actuels qui privilégient un joystick multidirectionnel intuitif, Titan Army a opté pour une rangée de cinq boutons comme nous l’avons vu plus haut. Ce choix a sans doute été dicté pour maintenir un prix agressif. Cependant, à l’usage, ils rendent la navigation vraiment laborieuse. Si vous rajoutez à celà une architecture des menus parfois troublante, vous obtenez une séquence de réglages plutôt pénible.
Et c’est bien dommage car le logiciel interne est extrêmement complet et compense par la richesse des options proposées :
Dual Mode : nous avons traité plus haut l’intérêt de cette fonctionnalité.
Assistants « Game Plus » : L’OSD propose des outils classiques mais efficaces pour les joueurs : affichage d’un réticule de visée (crosshair), compteur de FPS, minuteur, et un mode « Night Vision » (ou Shadow Balance) pour déboucher les zones sombres dans les jeux compétitifs.
Productivité et Image : L’écran gère le PIP/PBP (Picture-in-Picture), permettant d’afficher deux sources vidéo simultanément, un vrai plus pour le télétravail. On note aussi la présence de 12 profils d’image pré-configurés (FPS, RTS, sRGB, Film, etc.) et des réglages pour l’éclairage LED dorsal.
Au bilan, si la navigation est pénible, le confort visuel est assuré par des options de réduction de la lumière bleue et un réglage précis de l’Overdrive pour gérer la netteté en mouvement. Heureusement, la calibration d’usine étant excellente, l’utilisateur n’aura pas besoin de s’aventurer trop souvent dans ces menus peu accueillants une fois la configuration initiale effectuée.
Enfin, la sobriété de son design lui permettra de se fondre dans tous les univers de la maison. Evidemment, certains modèles plus coûteux disposeront d’une plasturgie plus flateuse mais objectivement, même les amateurs inconditionnels de RGB y trouveront leur compte avec une présence là aussi discrète et activable / personnalisable à la demande.
Conclusion
Evidemment, il faudra faire quelques concessions sur la plasturgie, un OSD pas particulièrement ergonomique et un pied un poil léger. Mais au final, avec de telles caractéristiques, il est difficile de faire la fine bouche.
